Tribune de Valérie Pécresse publiée dans le journal Les Echos le 19 mars 2013.

Durant la campagne présidentielle, le président François Hollande a affirmé qu’il ramènerait à 3 % le déficit public en 2013. En renonçant à cet engagement, il rend très improbable son autre engagement de retour à l’équilibre budgétaire en 2017 et met un frein à la stratégie de réduction des déficits engagée depuis 2010. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la crédibilité de la France et la solidité de la zone euro, acquises grâce aux réformes de Nicolas Sarkozy, qui a su briser l’image d’une France incapable de se transformer.

François Hollande est responsable de cette situation qu’il a créée et ne peut invoquer le ralentissement de l’économie comme prétexte : une avalanche de dépenses nouvelles dès son arrivée et un matraquage fiscal ont étouffé la croissance. Pire encore, il a méticuleusement supprimé tous les verrous mis en place par le gouvernement Fillon pour réduire les dépenses : non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, désindexation des prestations sociales… et, dernièrement, la suppression du jour de carence dans la fonction publique. Des décisions irresponsables prises pour des raisons idéologiques ou clientélistes.

Les faits sont là : ce gouvernement n’a pas de stratégie de lutte contre la dette. A un pays en overdose fiscale, il veut imposer encore 6 milliards d’euros d’impôt supplémentaires ! Il devrait pourtant n’avoir qu’une priorité : réduire les dépenses publiques, comme le lui demande la Cour des comptes. C’est la seule voie possible, celle empruntée par nos voisins comme la Finlande et l’Allemagne lorsqu’elles ont été confrontées à la même situation.

A l’heure où le gouvernement cherche péniblement à trouver des économies, avec les membres du Labo des idées, think thank qui a vocation à être à l’initiative des réformes pour le redressement de notre pays, nous avons proposé des mesures permettant de faire 20 milliards d’euros d’économies par an et de tenir ainsi notre objectif de réduction du déficit.

Il suffirait de tirer un trait sur la clause de compétence générale qui permet à toutes les collectivités d’intervenir dans tous les domaines, créant des doublons qui coûtent plus de 6 milliards d’euros par an ; de renouer avec le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique et de l’étendre aux collectivités locales, dont les effectifs ont augmenté de 150.000 agents depuis 2005 hors décentralisation. Il y a près de 2 milliards d’euros d’économies à la clef.

Et parce qu’il faut d’abord créer la richesse avant de la dépenser, nous devons graver dans le marbre une règle d’or sociale : les prestations sociales ne doivent pas progresser plus vite que la croissance, à l’exception des retraites et des minima sociaux. Dès 2013, ce serait au moins 1 milliard d’euros d’économies.

Il faut aussi rationaliser ces prestations. Un exemple : le revenu de solidarité active (RSA) a été créé sans remise à plat des aides au retour à l’emploi. Résultat : des Français pourraient en bénéficier et ne le savent pas, en même temps d’autres touchent à la fois la prime pour l’emploi et le RSA. Il faut fusionner les dispositifs : 2 milliards d’euros d’économies.

De même, la question de la dégressivité dans le temps des allocations chômage, instaurée chez nos voisins, ne peut être un tabou. Elle doit s’accompagner d’une forte mobilisation des formations professionnelles en direction des chômeurs, qui doivent être plus adaptées aux besoins du marché du travail : c’est 3 milliards d’euros à mobiliser.

Enfin, le rétablissement des mesures d’économies que nous avions prises et qui ont été supprimées, la création d’un parcours de soins obligatoire, la suppression des doublons dans les aides au logement et des normes administratives trop contraignantes pour les PME et les collectivités permettent d’économiser plus de 6 milliards d’euros par an. La passivité n’est plus de mise : M. Hollande, décidez enfin !

Retrouvez la tribune de Valérie Pécresse sur le site des Echos

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