Tribune co-signée par Valérie Pécresse et les présidents des groupes UMP dans les régions (Le Figaro, 26 avril 2013).

Monsieur Hollande, ouvrez les yeux, l’apprentissage est la solution

Depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir, plus de 260.000 personnes ont perdu leur emploi ; c’est davantage que la population du département de la Corrèze. Résultat : on atteint désormais le record du nombre de chômeurs de 1997.

Dans ce contexte alarmant, le bon sens voudrait que les dispositifs d’insertion dans l’emploi qui ont fait la preuve de leur efficacité soient utilisés à plein par les pouvoirs publics.

C’est le cas de l’apprentissage : 80 % des jeunes ayant fait le choix de cette formation ont un emploi durable un an après la fin de leurs études. C’est dire l’utilité d’un tel dispositif qui permet à un jeune de découvrir le monde du travail de manière approfondie tout en poursuivant ses études et à une entreprise de former un jeune à ses besoins et à ses savoir-faire.

Faire de l’apprentissage une priorité forte de son action, voilà donc ce qu’on attend du gouvernement.

Animés de la volonté de défaire tout ce que le précédent gouvernement a construit, François Hollande et sa majorité sont au contraire en train de casser la dynamique en faveur de l’apprentissage construite sous le quinquennat précédent.

Bien sûr, la gauche ne le revendique pas haut et fort, car elle aurait bien du mal à le justifier aux yeux de l’opinion publique. C’est par petites touches que s’opère cette destruction systématique. Celle-ci est d’ailleurs dénoncée par Ségolène Royal elle-même qui a accusé ses amis socialistes de supprimer l’apprentissage pour les jeunes de 14 ans par un réflexe idéologique contre ce type de formation qui ignore tellement les réalités du terrain.

Il est à cet égard savoureux d’entendre le gouvernement saluer l’augmentation de 1 % du nombre d’apprentis en 2012 par rapport à l’année précédente, récoltant ainsi les fruits du volontarisme du précédent gouvernement de droite. L’ambition du gouvernement de François Fillon s’était notamment traduite par un abondement exceptionnel de 650 millions d’euros en faveur des régions, compétentes en matière d’apprentissage, pour augmenter le nombre d’apprentis, ou encore par l’octroi de 500 millions d’euros dans le cadre du Grand emprunt pour financer la construction d’hébergement pour les apprentis ou des projets innovants des centres de formation d’apprentis (CFA).

On pourrait croire que l’ensemble des régions s’est mobilisé résolument derrière cet objectif d’intérêt général. Il n’en est rien.

Un seul exemple : celui de la région Ile-de-France. Son président Jean-Paul Huchon et sa majorité de gauche ont délibérément choisi de détourner les 12 millions d’euros que lui a donnés l’Etat pour financer l’apprentissage au profit du dispositif des emplois dits d’avenir mis en place par François Hollande et qui connaît un démarrage plus que poussif, faute de répondre aux besoins réels de l’économie.

Ce tour de passe-passe n’a finalement rien d’étonnant, quand on sait la baisse des crédits pour l apprentissage depuis 2010 décidée  par les régions et leur peu d’appétence à mobiliser des ressources financières sur ce sujet. En moyenne, pour un euro de l’Etat, les régions mettaient 20 centimes sur la table.

Pour un Président qui avait décidé de faire de la jeunesse sa priorité, n’est-il pas singulier de privilégier des voies malheureusement sans issue que sont les emplois d’avenir à l’insertion durable dans l’emploi que garantit l’apprentissage en offrant aux jeunes une formation et des compétences solides qui leur permettront d’affronter dans les meilleures conditions les aléas de la conjoncture économique ?

Inciter les entreprises à recruter des apprentis, par le biais d’aides financière ; changer l’image de l’apprentissage, en montrant que c’est une voie d’avenir pour les jeunes et en le généralisant, du CAP aux grandes écoles en passant par le lycée professionnel et l’université ; augmenter le nombre de places en CFA ; réserver un quota de places en apprentissage à chaque fois que de nouvelles formations sont ouvertes… voilà bien des chantiers sur lesquels l’Etat et les régions socialistes seraient bien inspirées de s’engager pour sauver toute une génération.

C’est un appel solennel que nous lançons au gouvernement et à l’ensemble des présidents de région de gauche : l’idéologie n’est pas bonne conseillère et conduit à des erreurs lourdes de conséquences pour l’ensemble de nos concitoyens.

Un peu de courage, moins d’idéologie et davantage de pragmatisme ; choisissez les solutions qui marchent et remisez les autres au placard. Il en va l’avenir du pays !

 

Signataires : Valérie Pécresse, présidente du groupe UMP en Ile-de-France, et les présidents des groupes UMP dans les régions :  Raymond Archer, Joël Bruneau, Olivier Chartier, Emmanuelle Coint, Christophe Coulon, Michel Diefenbacher, Daniel Duglery, Françoise Grossetête, Stéphane Kroemer, Bruno Le Maire, Bernadette Malgorn, Thierry Mariani, Hervé Novelli, François Pinte, Philippe Rapeneau, Henri de Richemont, Camille de Rocca Serra, Stéphan Rossignol, Jacques Thouroude, Jean-Luc Warsmann

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