Alors que le débat sur le projet de loi "Consommation" de Benoit Hamon devait s'ouvrir ce lundi soir à l'Assemblée, Valérie Pécresse nous présente les amendements qu'elle va déposer. La secrétaire générale déléguée de l'UMP souhaite notamment étendre le travail du dimanche.

Que pensez-vous du projet de loi sur la consommation ?

Pour être efficace ce texte doit répondre à deux exigences : protéger le consommateur sans accabler les entreprises de nouvelles contraintes qui seraient déraisonnables. Je serai attentive au contenu des amendements qui seront adoptés et aux contours finaux du texte. Il est prématuré de dire si le projet sera bon ou s’il déséquilibrera la vie économique du pays, avec des conséquences néfastes sur l’emploi.

L’un de ses piliers, c’est l'action de groupe. Y êtes-vous favorable ?

Depuis toujours, je défends ce principe. Je fus d'ailleurs l'une des rares, avec Luc Chatel à souhaiter que cette possibilité soit ouverte aux consommateurs. De ce point de vue, le projet de loi me satisfait mais je ferai attention aux autres amendements, notamment pour que les miens soient adoptés.

Lesquels avez-vous déposé ?

Je souhaite condamner l'IP-tracking, pratique qui consiste à piéger un internaute avec des pratiques tarifaires abusives. A chaque fois qu’il se rend sur un même site, on enregistre son adresse IP de manière à augmenter le prix des biens qu'il souhaite acheter. C'est le cas par exemple pour les billets d'avion, pour inciter l’internaute à acheter vite (le prix du billet augmentant au fil des visites sur le site de la compagnie, ndlr). Je propose que cette technique soit assimilée à une pratique déloyale et que les entreprises qui s'y livrent soient condamnées jusqu’à deux ans d'emprisonnement et 37 500 € d'amende.

Il sera aussi question du travail le dimanche. Faut-il le généraliser ?

Etant élue de la grande couronne parisienne, je pense que nous avons un problème économique et de qualité de vie pour les Franciliens. Etre obligé de faire ses courses le samedi, dans des centres commerciaux bondés, freine la consommation donc la croissance et l’emploi. Par ailleurs, ouvrir les commerces le dimanche permettrait de faire vivre certaines villes le week-end alors qu’elles ne sont, la semaine, que des cités dortoir. Enfin, alors que le chômage bat des records et que, pour la première fois depuis 30 ans le pouvoir d’achat des Français, recule, toutes les mesures qui permettent de dynamiser l’emploi doivent être mises en œuvre.

Dès lors, que souhaitez-vous ?

Je pense que les commerces peuvent être ouverts dès lors qu’il y a un accord entre la direction et les salariés, et que les droits des salariés sont protégés. Pour cela il faut  que le travail se fasse sur la base du volontariat et que la journée de travail soit payée double. Je propose également que tous les magasins et services soient ouverts dans les grandes gares nationales. Beaucoup de personnes passent dans ces gares, notamment des touristes, qui sont prêtes à consommer pour peu que les commerces soient ouverts.

Enfin j’ajoute qu’en faisant cette proposition je m’appuie sur mon expérience de ministre de l'enseignement supérieur : nombreux sont les étudiants qui ont besoin d’améliorer leurs conditions de vie en travaillant. Le faire le dimanche leur permettrait de mieux concilier travail et études.

Voterez-vous, ce mardi, le texte sur la transparence de la vie publique ?

Non car il ne répond pas au problème posé. Le gouvernement veut se dédouaner à bon compte pour tenter de solder l’affaire Cahuzac.

Et sur le fond, est-ce suffisant ?

Non, justement, car la gauche refuse de lutter réellement contre les conflits d’intérêts. J’avais proposé des amendements pour lutter contre le clientélisme local. Les socialistes les ont retoqués purement et simplement. Je m’érige contre les pratiques qui consistent, pour des élus locaux, à subventionner, sans le dire, des associations avec lesquelles ils ont des liens ou à recruter des personnels issus de leur entourage plus ou moins proche. Je rappelle que la Région ile-de-France a subventionné en 2012  près de 3 500 associations pour un montant total de 553 millions €.

Retrouvez l'interview de Valérie Pécresse sur le site de Direct matin.

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