Les faits - Probable chef de file de l'UMP en Ile-de-France aux élections régionales de 2015, la députée des Yvelines part en guerre, mardi à l'Assemblée, contre le projet de métropole parisienne, dont elle se demande s'il ne signe pas l'acte de mort du Grand Paris.

Comment qualifieriez-vous le projet de métropole parisienne ?

Ni fait ni à faire ! Sur la forme comme sur le fond, pour un projet qui va quand même concerner plus de six millions d’habitants, avec des conséquences incalculables et d’ailleurs pas calculées! Personne n’a été consulté. Il est impossible de bâtir un texte de consensus avec un projet gratté sur un coin de table en huit jours! C’est l’improvisation la plus totale, ce qui explique les réactions d’hostilité, y compris à gauche. On n’y comprend plus rien !

Qu’est-ce qui vous inquiète ?

Si je compte bien: commune, conseils de territoire, métropole, département, région, ça va faire cinq échelons alors que la France souffre déjà d’une sur-administration. Un niveau supplémentaire, c’est inéluctablement de nouvelles dépenses pour mettre en place une organisation, des locaux, un hémicycle… Avec quel nouvel impôt ?

Mais les intercommunalités actuelles disparaîtraient…

Seulement sur le papier. Le gouvernement essaye de faire croire que la métropole se substituera aux intercommunalités, mais c’est un jeu de dupes. La métropole sera organisée en territoires… qui correspondent aux intercommunalités ! On ne change rien, sinon pour rajouter une couche. Concrètement, le conseil de la métropole, c’est plus de 200 élus, dont 80 vice-présidents, des millions d’euros d’indemnités. Un monstre bureaucratique!

Et le Grand Paris?

Marylise Lebranchu a fait un beau lapsus, à moins que ce ne soit un acte manqué, en parlant de la « métropole du Grand Paris », alors que celle-ci ne concerne pas la grande couronne. Le projet instaure une vraie fracture entre la zone centre dynamique et riche en emplois, et la zone périurbaine et rurale moins riche en services publics. Elle oublie l’ambition initiale du Grand Paris et méconnaît les habitudes des Franciliens qui travaillent au centre et habitent en périphérie, et réciproquement. La métropole est-elle l’acte de mort du Grand Paris, parce qu’on n’a pas les moyens de le financer? Aurons-nous des transports en grande couronne ? Où sont les 5 milliards promis pour le Grand Paris ?

Les maires ont-ils réellement à y perdre, ou est-ce simplement une réorganisation ?

Le projet met clairement les maires sous tutelle. Dans la mesure où les pouvoirs en matière d’urbanisme et de logement vont à la Métropole, que restera-t-il aux communes ? Les habitants vont perdre tout contrôle démocratique sur le visage de leur ville, ils n’auront plus aucun moyen de s’opposer au bétonnage.

Faut-il toujours repousser les évolutions?

Non, et d’ailleurs je vais déposer à l’Assemblée un amendement proposant de tenir une conférence pour l’avenir du grand Paris, avec la région, les départements, les intercommunalités et les communes, afin d’élaborer une nouvelle gouvernance au plus tard le 1er juillet 2014. Avec six points à l’ordre du jour : et d’abord, la réduction du nombre des échelons administratifs…

Lequel supprime-t-on ?

La conférence en discutera. Je préconise la réduction du nombre des élus et donc des indemnités ; la suppression de la clause de compétence générale, sauf pour la commune pour éviter les doublons; la spécialisation des compétences et des ressources pour permettre aux citoyens de comparer la gestion des différentes collectivités. Enfin, il faut affirmer que le Grand Paris dépassera bien la petite couronne, pour coller à la réalité de toute l’Ile-de-France, car je crois plus que jamais que la région est la collectivité de l’avenir. Il faut remettre dans le projet de la simplification, des économies et plus de démocratie.

Propos recueillis par Béatrice Houchard pour L'Opinion.

 

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