"Et vous que proposez vous?". Un an après l'élection de François Hollande voilà l'interrogation permanente qui accueille chaque responsable politique de l'opposition dès qu'un Français le prend à partie dans la rue, dans une réunion ou sur les réseaux sociaux. Nos compatriotes sont inquiets et en colère mais ils refusent les jeux improductifs du "nous sommes contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre". Ils exigent des idées neuves, des solutions à leurs problèmes et à ceux du pays.

Angoissés par l'explosion du chômage et furieux de l'overdose fiscale, les Français attendent un nouvel espoir. Mon sentiment c'est qu'ils sont enfin prêts pour un vrai discours de réforme, audacieux, qui brise les tabous, et qui nous permette de retrouver le chemin de la prospérité, de la cohésion sociale et de la confiance dans l'avenir.

De nombreux États proches de nous ont traversé des crises économiques et identitaires aussi graves que la nôtres. Certains étaient au bord de la faillite. La Suède, le Canada, l'Allemagne. Ils s'en sont sortis, plus forts. En acceptant de se réorganiser profondément et que chacun prenne sa part des efforts. Les solutions sont donc connues. Elles ont été mises en place par des gouvernements de gauche comme de droite…

"Mais pourquoi ne l'avez vous pas fait avant?", et "qu'est ce qui nous dit que la prochaine fois vous y arriverez?" Les deux questions fusent immédiatement face au responsable politique qui commence à évoquer la fin des 35h, la fusion des départements et des régions, la réforme de la formation professionnelle, du Bac ou du financement de la sécurité sociale.

Questions logiques. Nous avons gouverné pendant dix ans. C'est pour cela que pour faire l'inventaire des idées neuves, pour penser l'avenir, il faut aussi revenir en arrière. Il faut tirer les enseignements du passé. Qu'avons nous réussi? Où avons nous échoué? Mais surtout, pourquoi?

Si nous ne faisons pas cet examen lucide, nous risquons un nouvel échec. Regardons la gauche au pouvoir: elle est totalement ligotée dans ses actions, faute d'avoir tiré les leçons de son passé: les emplois jeunes, la retraite à 60 ans, les recrutements de fonctionnaires, la réduction du temps de travail, les lois de décentralisation, restent au fond pour elle des totems intouchables. 

Nous ne pouvons pas nous permettre la même erreur. Alors je dis oui à un inventaire utile qui nous permette de trouver le bon chemin pour l'avenir. C'est l'exercice auquel je me suis livrée dans mon livre Voulez-vous vraiment sortir de la crise?. Pas à un inventaire stérile qui ne viserait qu'à regarder dans le rétroviseur, et à pratiquer une autoflagellation d'autant plus stupide que les Français, éclairés par une année de gouvernement Hollande, regrettent de plus en plus "le temps d'avant". 

L'immense mérite de Nicolas Sarkozy a été de nous montrer que la réforme était possible, dans une France que l'on croyait irréformable. Alors, si parfois, nous n'avons pas été au bout de ce que nous voulions faire, il y a de bonnes raisons. Analysons-les et nous serons en mesure de surmonter les obstacles la prochaine fois. Ce travail est indispensable, sachons le mener dans la sérénité et sans arrière-pensées !

Retrouvez la tribune de Valérie Pécresse sur le site du Huffington Post

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