Chers Amis

Rappelez-vous. L’an dernier ils avaient envoyé la neige pour tenter de vous dissuader de venir. Cette année, ils y ont renoncé. De toute façon, neige ou pas neige, vous êtes toujours aussi nombreux.

2014, c’est aussi une date anniversaire, un double anniversaire.

Cela fait plus de 15 ans que Jean-Paul Huchon est président de notre région.

En 15 ans, il peut s’en passer des choses. Rappelez-vous.

En 1998, combien d’entre nous étaient connectés à internet ? (NB : 2,4 % des foyers)

En 1998, combien parmi nous avaient un téléphone mobile ? (NB : 20 %)

Le monde a changé. Ce qui était il n’y a pas si longtemps de la science-fiction est entré dans toutes les maisons.

Le bilan de Jean-Paul Huchon est moins flatteur.

Qui peut dire qu’on vit mieux aujourd’hui en Ile-de-France qu’il y a 15 ans ?

Transports en berne. Embouteillages monstres, logements de plus en plus chers. Pollution, stress, inégalités, burn out tous ces sujets n’ont cessé de monter dans l’actualité.

Le vrai bilan de Jean-Paul Huchon, c’est 15 ans d'impuissance. 15 ans d'indifférence. 15 ans de fatalisme. Ca suffit !Ces 15 ans nous laissent un gout amer :

L’emploi nous dit Jean-Paul Huchon : c’est les entreprises, c’est pas moi.

Les lycées : c’est l’éducation nationale, c’est l’Etat, c’est pas moi.

Les transports : adressez-vous à la RATP et à la SNCF, c’est pas moi.

Je ne suis responsable de rien. Je ne suis comptable de rien. Je ne suis coupable de rien.

Depuis bientôt 10 ans, Jean-Paul Huchon est à la tête du STIF. Il est donc le vrai patron des transports d’Ile-de-France.

C’est lui qui décide de la hausse des tarifs. Pour ça on n’est jamais déçu.

Mais pour le reste ?

C’est lui qui décide d’acheter des trains neufs.

C’est lui qui décide de faire des travaux.

Et qu’a-t-il fait ?

Dans ses vœux, prise de conscience à un an des élections…

Aujourd’hui, Jean-Paul Huchon fait mine de découvrir la galère des transports, que des caténaires du RER C ont plus de 80 ans. Là, je m’interroge. Ces caténaires, dont on vous annonce régulièrement la chute et qui paralysent le trafic, elles n’ont quand même pas eu 80 ans d’un coup. Pardon d’enfoncer des portes ouvertes, mais il y a 1 an, elles avaient déjà 79 ans. Et en 2005, quand Jean-Paul Huchon a pris la tête du STIF, elles avaient déjà 70 ans, non ? Il était donc déjà largement temps de les changer. Qu’a-t-il fait pendant ces 10 ans ?

Jean-Paul Huchon veut bien être le patron des transports mais uniquement quand ça l’arrange.

Quand le tramway T5 arrive à Athis-Mons – avec des années de retard – on peut compter sur lui pour poser sur la photo.

Mais quand le RER B nord – qui vient d’être rénové – tombe en rideau, il reste bien tranquillement ici, rue Barbet-de-Jouy, et désigne la SNCF à la vindicte populaire

La politique du bouc-émissaire, ce n’est pas la mienne.

Moi, j’assume mon bilan.

J’assume ma réforme des universités.

J’assume d’avoir baissé les déficits de manière historique quand j’étais ministre du budget.

J’assume tout de mon parcours, y compris mes erreurs.

Mes réformes ne m’ont pas valu que des amis. Qu’importe. Car le renoncement pour moi n’est pas une option.

Ma devise, c’est ni renoncement, ni abandon, ni impuissance.

Pour moi, le renoncement n’est pas une option car les Franciliens sont au bord de la crise de nerfs.

Le chômage augmente, le logement est inabordable et les transports sont en panne.

Mais le pire, c’est que ces 15 ans de socialisme ont fracturé notre région.

C’est une fracture territoriale : à l’ouest les emplois, à l’est les logements.

C’est une fracture économique entre des territoires de plein emploi et 40 % de jeunes chômeurs dans les quartiers.

C’est une fracture sociale avec un repli communautaire qui n’a jamais été aussi fort, une intégration qui n’a jamais été aussi difficile.

C’est une fracture éducative mais aussi idéologique quand la gauche supprime les aides aux lycéens modestes qui ont choisi l’enseignement privé, divise par trois les aides aux apprentis pour financer des emplois jeunes sans avenir.

C’est une fracture tout simplement humaine : on vit plus longtemps au centre et à l’ouest que dans le nord et l’est de notre région.

Cette fracture régionale, c’est le bilan de la gauche, c’est l’échec de Jean-Paul Huchon.

Au lieu de réduire les inégalités, ils les ont aggravées. Il suffit de regarder l’évolution des tarifs des transports depuis 2010. La facture la plus lourde, elle est pour les usagers de la zone 1-4 : +164 euros par an. Et ce sont eux qui galèrent le plus.

Au lieu de réduire les inégalités, ils les ont figées dans le marbre. S’il y a bien une chose qui ressort de la métropole du Grand Paris, ce machin technocratique auquel personne ne comprend rien sinon qu’on va encore avoir des impôts supplémentaires, c’est bien ça : il y a ceux qui sont dedans et il y a ceux qui sont dehors.

La gauche n’abolit pas la barrière du périphérique, elle la déplace : Il y aura les Franciliens du cœur de l’agglomération et il y aura les 5 millions d’autres, les relégués de la grande couronne, les Franciliens de seconde zone.

Après 15 ans de socialisme et l’erreur politique de la métropole auront tué le rêve du Grand Paris.

La métropole du Grand Paris, au fond, c’est la défaite de Jean-Paul Huchon.

Ses 15 ans de mandat, et pour cause, n’ont pas su convaincre François Hollande de l’utilité de la région.

Jean-Paul Huchon sera-t-il le fossoyeur de l’idée régionale ? Il a capitulé face aux ardeurs hégémoniques de Claude Bartolone et de Bertrand Delanoë.

Il a laissé fouler au pied l’identité de l’Ile-de-France, une identité millénaire, berceau de notre nation.

La métropole du Grand Paris n’a du Grand Paris que le nom. C’est en réalité un Petit Paris, un Grand Paris rétréci qui rejette 40 % des Franciliens hors de ses frontières.

Contrairement à la gauche, je ne veux pas d’une région coupée en deux. Je ne veux pas d’un territoire divisé, fracturé.

Mon projet, notre projet, c’est un autre projet.

C’est celui d’une métropole à l’échelle de la région.

C’est celui d’une métropole humaine qui au lieu d’exclure des Franciliens, les rassemble tous dans un destin commun.

Au début de mon discours, je vous ai parlé d’un double anniversaire.

Dans quelques semaines, cela fera aussi 10 ans que je siège dans cette assemblée.

10 ans, et même un peu plus, que j’ai choisi de me consacrer avec passion à ma région.

Mon engagement politique est né en Ile-de-France, avec les Franciliens.

Depuis 10 ans, je vous rencontre. D’est en ouest, du nord au sud, je parcours notre région pour observer, dénoncer les injustices, proposer des idées neuves.

50 déplacements, rien qu’en janvier : de Franconville à Villeneuve-le-Roi, de Rosny-sous-Bois à Trappes, de Sartrouville au Kremlin-Bicêtre, la liste est longue.

C’est en pensant à vous, à nos rencontres, que je me révolte quand je vois qu’on vote des dépenses totalement ubuesques, si loin de vos préoccupations.

Vous connaissez l’histoire des 40.000 euros pour sponsoriser le développement de l’olive palestinienne en Ile-de-France.

Vous connaissez les 70.000 euros versés pour les commémorations du 40ème anniversaire de la mort de Salvador Allende.

Les 300 000 euros de la piste cyclable de Santiago. Les 150 000 euros du plan climat de Dakar.

A ceux qui se posent la question, je dis oui, notre opposition, elle a été utile.

Oui, nous avons été utile aux Franciliens.

C’est grâce à nous que les bourses des étudiantes infirmières ont été augmentées pour atteindre le montant des bourses que j’avais revalorisées.

C’est grâce à nous que les BTS en apprentissage ont été sauvés.

C’est grâce à nous que la région a finalement acheté 91 trains Franciliens tous neufs, au lieu des 44 qu’elle avait d’abord prévus.

C’est grâce à nous que 6 nouvelles rames arriveront bientôt sur le RER D, achetées d’occasion dans le Nord.

C’est grâce à nous que bientôt 1200 familles pourront être logés dans les 1200 logements vacants de la région.

C’est grâce à nous, enfin, que la région a découvert qu’elle pouvait faire des économies et rendre l’argent aux Franciliens en déménageant hors des quartiers les plus chers de Paris.

Pour notre région, moi, j'ai fait un rêve.

J'ai rêvé d'un plan ORSEC pour les transports.

J’ai rêvé que notre région aurait des trains neufs ou rénovés, comme dans toutes les autres régions de France.

J'ai rêvé d'une mobilisation générale pour l'apprentissage des jeunes.

J'ai rêvé de lycées où il ferait bon apprendre et d'internats accueillant pour les élèves.

J'ai rêvé d'un vrai pacte pour l'emploi avec les entreprises franciliennes.

J'ai rêvé d'un Grand Paris qui tire l'ensemble de la région vers le haut.

J’ai rêvé d’un Grand Paris qui apporte à chaque Francilien un logement, une formation et un emploi, là où il a envie de vivre.

J'ai rêvé d'une région qui serait à la fois un pôle d'excellence agricole et aussi la première région numérique du monde.

J’ai rêvé d’une région qui s'appuierait sur ses traditions, sur son patrimoine, sur sa nature et sur sa culture mais qui serait aussi ouverte à l'innovation, à la création et à la prise de risques.

J’ai rêvé d’une région qui attire, pas d’une région qui fait fuir.

J'ai rêvé que le Grand Paris des transports était vraiment financé, serait vraiment construit. Oui, j’ai rêvé qu’il ne serait pas repoussé aux calendes grecques ni jeté au rebut des idées fanées.

J'ai rêvé, enfin, que l'éthique et le bon usage de l'argent public remplaçaient le clientélisme, l'opacité et le gaspillage…

Ce rêve je vais bientôt vous proposer de le réaliser ensemble.

Les municipales sont la première étape d'une longue marche vers l'alternance en Ile-de-France et dans toute la France.

Je vais avoir besoin de chacun d'entre vous. J’ai besoin de chacun d’entre vous.

D'ores et déjà, je vous demande de rejoindre notre comité de soutien pour accompagner notre action en Ile-de-France.

D’ores et déjà, je suis à l’écoute, avec mon Labo des idées, de vos idées, des idées neuves qui feront l'Ile-de-France de demain.

Suivez moi. Suivez nous.

Donnez nous vos témoignages, vos suggestions, vos propositions.

Pour améliorer le quotidien. Pour changer l'avenir.

Réparons la fracture régionale causée par la gauche. Réconcilions la région et ses habitants. Faisons vivre à nouveau le fait régional. Faisons triompher la région. Redonnons de l'espoir aux Franciliens.

Vous connaissez mon amour du cinéma. Alors laissez-moi conclure en citant, en hommage à Neslon Mandela, cette phrase que lui prête Clint Eastwood dans son film « Invictus » (Invicible) : « Aucun d’entre nous ne peut en agissant seul atteindre le succès (…) Soyons maître de notre destin et capitaines de notre âme ». C’est comme cela que la région de nos rêves deviendra réalité.

C’est mon vœu pour 2014.

Et je vous adresse, à toutes et à tous, ainsi qu’à votre famille et à vos proches, mes vœux les plus chaleureux de santé, de joie et de bonheur. Bonne année à tous !

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