Le gouvernement a annoncé une baisse massive de 11 milliards d’euros des dotations aux collectivités locales entre 2015 et 2017. Pour les seules régions et pour la seule année 2015, c’est 451 millions d’euros en moins pour boucler leur budget.

On peut naturellement dénoncer la méthode du gouvernement faite une fois de plus de brutalité et d’absence de courage. Il est plus facile de priver les autres de ressources que de faire des économies dans son propre budget.

Cela étant dit, il faut aussi affronter les choses avec cohérence et lucidité. Puisque des économies doivent être faites, les régions, au même titre que toutes les autres collectivités publiques, doivent en prendre leur part.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que sur ces cinq dernières années, les régions, désormais pratiquement toutes socialistes, n’ont pas montré l’exemple, sinon pour anticiper avant d’accompagner les dérives budgétaires du gouvernement.

Les chiffres du ministère des collectivités locales sont implacables. Entre 2009 et 2013, les dépenses des régions métropolitaines ont augmenté d’1,2 milliard d’euros. 83 % de ces dépenses ont été englouties dans le fonctionnement, pour 300 millions dans des dépenses de personnel et pour 600 millions dans les services généraux des conseils régionaux.

En faisant le choix délibéré d’abandonner leur mission historique de collectivité d’investissement, les régions socialistes ont elles-mêmes donné au gouvernement les arguments pour couper leurs budgets.

Si, depuis 2009, au lieu de consacrer 900 millions d’euros de plus à leur train de vie, les régions avaient concentré ces moyens supplémentaires à investir, elles ne se retrouveraient pas dans la situation de subir les désengagements successifs du gouvernement vis-à-vis des territoires.

Désengagement par la réduction des concours de l’Etat aux conseils régionaux.

Désengagement en prolongeant d’un an les contrats de plan Etat-Régions (CPER) 2007-2013, réalisant ainsi une année blanche pour les investissements là où Nicolas Sarkozy et François Fillon avaient mis un point d’honneur à honorer la parole de l’Etat en temps et en heure et jusqu’au dernier euro.

Désengagement enfin avec des investissements envisagés en baisse dans le cadre de la prochaine génération de CPER pour la période 2015-2020.

Qui peut affirmer pourtant qu’il n’y a pas de besoin ? Combien de lycées, combien de centres de formation d’apprentis (CFA) sont aujourd’hui en attente de rénovation ou de construction ? La situation des transports en commun est-elle partout si florissante qu’elle ne mérite pas d’y mettre des ressources nouvelles importantes ? Le retard pris dans le déploiement du réseau très haut débit n’est-il pas alarmant alors qu’on sait que c’est là un outil puissant pour renforcer l’attractivité de notre pays – en particulier hors des métropoles – et générer la croissance de demain ?

Combien d’emplois auraient pu être sauvés ou créés si les dépenses supplémentaires des régions avaient été mieux utilisées ? Assurément plus que les nouveaux postes de fonctionnaires financés depuis 2009…

Faute de bilan, les régions socialistes sont devenues inaudibles, y compris dans leur propre camp. La réforme des territoires s’est faite sans elles. Redécoupées à leur corps défendant, elles n’ont pas non plus su imposer leur leadership dans le nouveau partage à venir des compétences entre collectivités. Tout le monde sait pourtant, et les exemples étrangers le montrent, que les économies ne viendront pas d’un gonflement de la taille des régions mais d’une clarification des compétences et d’une simplification du mille-feuilles administratif, deux enjeux auxquels la réforme actuellement en discussion au Parlement ne répond pas.

Au fond, la seule chose sur laquelle les présidents socialistes auront obtenu gain de cause, c’est sur la date des élections, une nouvelle fois repoussée, en décembre 2015. Un sursis qui au vu de la gestion de ces cinq dernières années n’augure rien de bon.

 

Tribune signée par Valérie PECRESSE, Présidente de l’AERF (Association des Elus Régionaux de France), Présidente du groupe Mouvement populaire au Conseil Régional d’Ile-de-France  et les 25 Présidents de groupe d’opposition de l’UMP et du centre  :

Hervé NOVELLI, Président du Groupe Union Pour la Région Centre

Raymond ARCHER, Président du Groupe UMP et Apparentés en région Limousin

Xavier ARGENTON, Président du groupe UDI en région Poitou-Charentes

Philippe AUGIER, Président du groupe UDI en région Basse-Normandie

Olivier CHARTIER, Président du groupe Union Pour un Renouveau Régional en région Poitou-Charentes

Antoine CHEREAU, Président du groupe Mouvement pour la France en région Pays de la Loire

Emmanuelle COINT, Présidente du Groupe UMP-UDI Bourgogne Dynamique

Christophe COULON, Président du groupe "Envie de Picardie"

Henri de RICHEMONT, Président de l'intergroupe d'opposition en région Poitou-Charentes

 Camille de ROCCA SERRA, Président du groupe "Rassembler pour la Corse"

Michel DIEFENBACHER, Président du groupe UMP- NC-CPNT en région Aquitaine

Daniel DUGLERY, Président du Groupe Union pour l'Auvergne

Sophie GAUGAIN, Présidente du Groupe UMP-CPNT en région Basse-Normandie

Stéphane KROEMER, Président du groupe UMP-Nouveau Centre-Divers Droite en région Franche-Comté

Bruno LE MAIRE, Président du groupe Pour une nouvelle Normandie UMP-UDI-DVD en région Haute-Normandie

Bernadette MALGORN, Présidente du groupe Droite et Centre de Bretagne

Thierry MARIANI, Président du groupe "Notre Région doit changer" en région Provence-Alpes-Côte-d'Azur

Nadine MORANO, Présidente du groupe UMP-Nouveau Centre et Apparentés en région Lorraine

François PINTE, Président du Groupe UMP au Conseil Régional des Pays-de-la-Loire

Jean-Jacques PONS, Président du groupe Union Centriste en région Languedoc-Roussillon

Philippe RAPENEAU, Président du groupe Opposition Régionale en région Nord-Pas-de-Calais

Dominique RICHARD, président du groupe UDI en Loire-Atlantique

Stéphan ROSSIGNOL, Président du Groupe UMP en région Languedoc-Roussillon

Jacques THOUROUDE, Président du groupe "Osons Midi-Pyrénées"

Jean-Luc WARSMANN, Président du Groupe UMP-UDI-DVD en région Champagne-Ardenne

 

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