Après avoir évoqué la dissolution de l'Assemblée nationale ou encore la démission de François Hollande, certains défendent à présent l'idée d'une union nationale. En 2012, au lendemain de la cérémonie du 8 mai, vous aviez déclaré : "C'était une cérémonie républicaine et apaisée […]. Quand on voit ces images on se prend à rêver que sur certaines grandes réformes de société ou économiques, on puisse aussi faire l'union nationale droite-gauche." Vous y êtes toujours favorable ? 
Non à un gouvernement d'union nationale qui serait un stratagème pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir en attirant quelques "transfuges" de la droite et du centre. Les Français se détourneraient encore plus de la politique -réduite à un jeu d'ambitions personnelles- et cela installerait le FN comme seule alternative. Mais oui à l'esprit de responsabilité qui, vu la gravité de la situation de notre pays, nous conduit à agir sans attendre 2017. Il faut un sursaut maintenant, avec une autre politique!
 
Sur quelles "grandes réformes" actuelles pourriez-vous soutenir le gouvernement ? 
Le drame c'est que François Hollande a renoncé à réformer. Or pour relancer la croissance, il est impératif de baisser une pression fiscale insoutenable. Pour cela, il faut dépenser moins et mieux : reformer l'assurance chômage et la formation professionnelle, supprimer un échelon de collectivité, fusionner les impôts et l'URSSAF,… et nous devons collectivement travailler davantage : remettre en cause les 35h par accords d'entreprise et dans les administrations mais aussi allonger progressivement l'âge légal de la retraite. Voilà des réformes que je pourrais voter.
 
En tant que présidente des élus régionaux de France, pourriez-vous voter le projet de loi de réforme territoriale tel qu'il a été modifié par les sénateurs ? 
Pas question de voter une loi qui ne se traduit pas par une simplification du mille-feuille territorial. La fusion des régions ne génèrera pas d'économies car ce sont des collectivités d'investissement (lycées, transports, développement économique) et les agrandir n'y changera rien. Ce qu'il faut c'est un conseiller territorial siégeant à la fois à la région et au département pour les fusionner et appliquer le principe une collectivité/une compétence pour supprimer tous les doublons. Voilà le vrai choc de simplification, nous l'avions voté, la gauche est irresponsable de l'avoir défait.
 
Manuel Valls a remis sur la table l'idée d'un contrat de travail unique pour en finir avec le CDD et le CDI déjà proposée en 2007 par Nicolas Sarkozy et reprise depuis par de nombreux candidats à la primaire de la droite. Seriez-vous prête à voter pour ?
Bien sur. Des rigidités excessives pèsent sur nos entreprises (seuils sociaux, contrats de travail, sur-administration)  qui empêchent l'embauche et plongent des millions de Français – chômeurs, travailleurs non déclarés mais aussi exclus du CDI- dans une précarité indigne.

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