Certains ne connaissent Bobigny que pour son tribunal de grande instance. Et de fait, avec chaque année plus de 10 000 jugements prononcés par le tribunal correctionnel et 20 000 affaires examinées au civil, le TGI de Bobigny est incontestablement une institution phare de la ville et, plus globalement, de tout le nord francilien.

C’est ce que j’ai pu mesurer, jeudi dernier, lors de ma visite sur ce site. Quatre heures durant, j’ai pris le pouls de cette juridiction et des professionnels du droit qui y travaillent, en assistant non seulement à plusieurs audiences mais aussi en me rendant jusque dans les bureaux de certains substituts.

Une visite qui m’a permis d’apprécier le nombre et la diversité des affaires examinées par le tribunal, mais aussi leur complexité croissante, avec en particulier des dossiers de plus en plus liés aux contentieux économiques (Grand Paris ou sièges sociaux notamment).

J’ai surtout mieux partagé le quotidien des centaines de fonctionnaires qui travaillent au tribunal. J’ai découvert une véritable « ruche », pleine de magistrats motivés qui ne comptent pas leurs heures pour juger les multiples affaires dont ils ont quotidiennement la charge. J’ai vu des procédures de dématérialisation de la chaîne pénale uniques en France, bien loin des clichés d’une justice «  au ralenti ». J’ai compris à quel point l’expérience du tribunal de Bobigny était formatrice pour tous ceux qui y exercent un jour.

C’est pour défendre tout cela que nous devons aujourd’hui répondre aux vraies difficultés que rencontre malheureusement le tribunal : désengorger cette juridiction en relançant par exemple le projet d’un tribunal à part entière à Roissy qui statuerait sur toutes les affaires liées aux droits des étrangers en zone d’attente ( 6000 dossiers par an), réfléchir à des mesures incitatives (en termes de logement ou de primes) pour favoriser les recrutements et fidéliser les agents, garantir aux magistrats des conditions de sécurité dignes de ce nom en développant par exemple la vidéo-protection aux abords du tribunal.

Autant de sujets sur lesquels je serai amenée à faire des propositions dans les prochains jours.

Un grand merci au président du TGI, Monsieur Rémy HEITZ et au Procureur, Madame Fabienne Klein-Donati, pour l’accueil qu’ils m’ont réservé tout au long de cette journée et les éclairages précieux qu’ils m’ont apportés sur cette institution unique.

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