Plusieurs fois ministre de Nicolas Sarkozy, Valérie Pécresse, redevenue députée des Yvelines, fait partie de l’équipe rapprochée du président de l’UMP.

 

Paris Match. Offensif médiatiquement en ce début d’année, le président de la République semble confiant pour la France. Partagez-vous son optimisme ?

Valérie Pécresse. Regarder François Hollande à la télévision, l’entendre parler à la radio, c’est comme un "voyage en absurdie". On regarde un film mais les paroles ne correspondent pas à l’histoire. C’est un discours virtuel, de l’autopersuasion. La France va très mal et le président reste dans le déni permanent.

Quels exemples avez-vous en tête ?

Quand le chef de l’Etat parle d’ “audace”, j’entends “reculade”. Quand il parle de “pause fiscale”, il oublie simplement que, pour 2015, il a fait voter une hausse de 3,5 milliards d’impôts sur les ménages. Quand il parle "réformes", j’entends réformettes… Vouloir ramener la croissance grâce à la loi Macron, c’est comme irriguer le désert avec un arrosoir.

Que faudrait-il faire ?

Les réformes que le pays attend : relever les seuils sociaux, instaurer le contrat unique du travail – comme le suggère Jean Tirole, notre Prix Nobel d’économie. Parler vrai, ce serait enfin s’attaquer aux 35 heures, alléger, voire supprimer, les contraintes administratives des entreprises, oser une vraie réforme des collectivités locales. Il ne suffit pas de dire « après la pluie le beau temps » pour que le beau temps arrive, ou d’affirmer que les astres sont alignés pour qu’ils le soient. Nous n’avons pas besoin d’un météorologue ou d’un astrologue à la tête de l’Etat mais d’un président responsable et investi.

Pourquoi n’entend-on pas davantage l’opposition ?

Vous allez l’entendre ! L’UMP va déposer de nombreux amendements à l’Assemblée nationale lors de la discussion parlementaire de la loi Macron : nous proposerons de mettre fin aux 35 heures, de réformer l’assurance chômage, de relever les seuils sociaux. Savez-vous qu’il existe trente-quatre obligations administratives supplémentaires pour les entreprises qui veulent passer de 49 à 50 salariés ?

Hier filloniste, vous êtes aujourd’hui derrière Nicolas Sarkozy. Où en est la remise en ordre annoncée ?

Nicolas Sarkozy a commencé un travail de réconciliation qu’il est le seul à pouvoir mener. Aujourd’hui, toute la famille se retrouve à la maison UMP. 2015 doit être l’année du rassemblement.

La guerre Fillon-Copé a-t-elle laissé des traces ?

Bien sûr… mais les plaies sont en train de cicatriser.

Vous êtes en charge des élections régionales. Allez-vous faire alliance avec le centre ?

Nous souhaitons faire émerger partout où c’est possible des chefs de file UMP qui feront consensus. Le moment des alliances n’est pas encore venu.

Comment éviter les accords avec le Front national entre les deux tours, comme en 1998 ?

Il n’y aura aucune alliance avec le FN à quelque élection que ce soit. Nous avons radié de l’UMP le candidat de Villeneuve-Saint-Georges qui avait fait alliance avec le Front national aux municipales.

Si l’UMP doit changer de nom avant les cantonales, ne courez-vous pas le risque de perturber les électeurs ?

Cette question n’est pas tranchée. Mais nous réfléchissons à un nouveau nom qui serait ajouté au sigle UMP pour les cantonales de mars.

 

Propos recueillis par la rédaction de Paris Match et publiés le 8 janvier 2015

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