Les attentats de la semaine dernière nécessitent une réponse forte de la part des pouvoirs publics. Je plaide pour la mise en place d'une loi de protection globale. Retrouvez mon interview parue aujourd'hui dans les colonnes de Nice matin.

Faut-il un Patriot Act en France ?

Je crois que ce qu’il faut aujourd’hui c’est une loi de protection globale. Pas un copier-coller de ce qui a été fait aux États-Unis. Mais, il faut néanmoins une réponse à l’attaque violente que nous venons de subir et qui traite à la fois des activités de renseignement, de la réponse pénale, de l’Éducation, de la laïcité ou encore d’Internet. Parce que la menace est montée d’un cran. On est passé en quelques années d’une quarantaine de personnes potentiellement dangereuses à  1 200.

Cela passe, comme aux États-Unis, par une réduction des libertés individuelles ?

Il y a sans doute un certain nombre de situations sur lesquelles il va falloir que l’on réfléchisse. Sans tabou. Imposer le port d’une pièce d’identité pour prendre les transports en commun en période sensible est-ce vraiment liberticide ? Il faudra aussi réguler Internet parce que la liberté d’expression ce n’est pas la liberté d’appeler au meurtre ou d’expliquer comment fabriquer une bombe. Je soutiens d’ailleurs l’idée d’Eric Ciotti de créer des lieux de détentions particuliers pour ceux qui sont tombés dans ces dérives sectaires de l’Islam. Parce que les envoyer dans des prisons de droit commun ce n’est pas la bonne réponse pour les désendoctriner. Il faut absolument empêcher les prisons de devenir des centres de recrutement pour djihadistes.

La proposition d’Eric Ciotti va plus loin…

Oui, je pense, que l’on doit envoyer, en mode préventif, les personnes que l’on estime en voie de radicalisation dans ces centres de désendoctrinement.

Des Guantanamo à la française ?

On fera les choses différemment, en mettant dans ces centres des personnes spécialisées dans la lutte contre les dérives sectaires, en y faisant entrer les associations pour voir ce qui s’y passe… On a une vraie tradition de protection des droits de l’Homme en France. Mais, ne sombrons pas pour autant dans l’angélisme. Aujourd’hui les procédures dont nous disposons ne sont plus suffisantes en matière de terrorisme. Quand je vois que l’on a arrêté d’écouter des djihadistes avérés, des gens qui étaient partis s’entraîner au Yémen, parce que pour continuer de les surveiller il faut en passer tous les quatre mois par une commission nationale, je dis que ces procédures ne sont plus adaptées à la menace terroriste. Il nous faut aujourd’hui une loi de protection à la hauteur du danger. Parce que défendre la liberté c’est d’abord la protéger.

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