La gravité de la situation nécessite une loi globale de protection contre la menace terroriste qui doit aussi intégrer un volet sur l'éducation et la laïcité. Les directeurs d'établissements, les enseignants et les surveillants sont confrontés désormais à des situations extrêmement complexes, auxquelles ils ne peuvent pas faire face seuls. Le refus de certains élèves de respecter la minute de silence, les provocations dans les établissements scolaires, les débordements sur les réseaux sociaux sont autant de défis auxquels la République doit répondre de manière très déterminée. Pour aider la communauté éducative, il faut renforcer la formation continue des enseignants, quasiment inexistante. Mais je crois aussi indispensable de repenser totalement l'enseignement d'éducation civique, aujourd'hui essentiellement théorique, en l'articulation autour de cas cas concrets : par exemple, en distinguant ce qui est liberté d'opinion et ce qui est apologie de la violence, ou en expliquant concrètement la laïcité. Le parlement pourrait s'impliquer davantage dans la conception des programmes.

Nous devons enfin avoir l'audace de faire ce dont on parle depuis si longtemps mais que les gouvernement n'ont fait que de manière timide et fluctuante, à cause des résistances syndicales, instaurer une différenciation claire et forte, à la fois salariale et en termes de progression de carrière, pour les enseignants qui accepteraient de passer au moins 5 ans dans des établissements de zone d'éducation prioritaire. Aujourd'hui l'éducation nationale n'arrive pas à attirer des enseignants diplômés dans certains établissements et recrute des vacataires à Pôle Emploi. C'est une faute, nous devons au contraire y envoyer les professeurs les mieux formés et les plus motivés, et doter ces établissement de l'encadrement nécessaire. Mais cela ne se fera pas sans une révolution dans la gestion des ressources humaines du ministère.

Ayons ce courage !

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