Les professionnels de santé expriment leur colère depuis plusieurs semaines. Au cours de mes déplacements en Ile-de-France, encore cette semaine en Seine Saint-Denis ou en Essonne, ils m'ont fait part de leur exaspération quant à la méthode choisie par le gouvernement et de leur inquiétude sur l'avenir de notre santé. Aujourd'hui, médecins libéraux, SOS médecins, chirurgiens, infirmières, dirigeants de cliniques battront le pavé parisien. Du jamais vu depuis plus de 10 ans.
 
Il faut dire que pour eux, le projet de loi de santé publique du gouvernement, leur réserve une coupe bien pleine. Sans compter, le mépris qui leur a témoigné tout au long de la  préparation de cette loi.
 
La réforme du tiers-payant généralisé est une double faute du gouvernement. Elle a tendance à déresponsabiliser les patients alors que la  médecine a un coût qui ne cesse de croître. Non, laisser croire que tout est gratuit, même dans le domaine de la santé, est un mensonge que l'on fait aux Français. Aussi, cette reforme remet en cause ce qui fait le fondement même de la médecine dans notre pays : la complémentarité entre l'exercice hospitalier et l'exercice libéral. Or, transformer l’exercice médical en bureaucratie paperassière et faire du médecin le supplétif de l’administration, ce n’est pas la vision que j’ai de la médecine du XXIe siècle.

Cette loi est une loi de défiance vis-à-vis du corps médical, portée par une majorité socialiste qui croit davantage dans le pouvoir de l’administration que dans celui de la médecine pour garantir aux Français des soins de qualité au meilleur coût.

Cette défiance, on la retrouve aussi au niveau de la région Ile-de-France, qui est aujourd'hui le premier désert médical français : notre région est confrontée à la plus forte baisse d'effectifs de médecins généralistes. Les promesses faites en 2010 par Jean-Paul Huchon et Marie-Pierre de La Gontrie d'un milliard pour la santé se sont envolées. Le plan de rénovation des urgences hospitalières est au point mort et le financement de maisons médicales de garde pour lutter contre la désertification médicale est oublié. La région se dérobe aussi pour assumer pleinement sa mission d’entretien des instituts de soins infirmiers et refuse d'investir dans le financement de la sécurisation des cabinets médicaux.

Tout ceci n'est sûrement pas le moyen d'attirer de jeunes médecins traitants alors qu'on enregistre une grande crise des vocations.

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