INTERVIEW – La tête de liste Les Républicains pour les Régionales en Île-de-France de décembre juge sévèrement la politique gouvernementale en matière d'éducation.

LE FIGARO. – Quel bilan tirez-vous de la réforme des rythmes scolaires ?

Valérie PÉCRESSE. - Cette réforme est une source d'inégalités pour les familles. Compte tenu de son coût, elle donne lieu à des traitements très différents d'une commune à l'autre. J'ai été particulièrement frappée par l'attitude du maire de Trappes, qui, puisqu'il n'est pas en mesure de financer les temps périscolaires, demande aux parents de mettre la main au portefeuille. J'entends aussi le cri des communes rurales où l'on ne trouve pas d'animateurs. Les parents sont en colère, les maires en difficulté financière, et les enfants subissent de grandes différences de traitement. On aurait dû laisser le libre choix dans chaque ville.

Comment la réforme du collège est-elle accueillie en Ile-de-France?

Il existe une forme de résistance passive à la réforme du collège, car personne ne veut supprimer les filières d'excellence, souvent instaurées dans les établissements qui en ont le plus besoin. Ces filières rendent attractifs des collèges fragiles en y maintenant la mixité sociale. Si ces filières sont supprimées, le niveau scolaire va chuter, et le risque de collèges-ghettos va augmenter.

Quelle est la situation des lycées de la région en cette rentrée scolaire?

La rentrée 2015-2016 est marquée par l'arrivée au lycée des enfants du baby-boom de l'an 2000. Sept mille jeunes de plus vont donc entrer au lycée en septembre. Nous avons tiré la sonnette d'alarme, mais la gauche a diminué le budget de 132 millions d'euros entre 2006 et aujourd'hui. Résultat, 75 % des chantiers de lycées sont aujourd'hui en retard. C'est une situation dramatique car le bon état des lycées est la première condition de réussite pour les jeunes.

Et concernant le recrutement des professeurs?

La situation est là aussi très préoccupante. Nous n'arrivons plus à pourvoir les postes dans de nombreux établissements. Quand il ne se fait pas avec des étudiants qui ont obtenu 4/20 au Capes, comme en maths, le recrutement a alors lieu à Pôle Emploi. La question de l'attractivité du métier d'enseignant doit donc être posée. Il faudrait offrir aux professeurs des conditions de travail plus avantageuses, avec par exemple des classes moins nombreuses et une différenciation salariale pour ceux qui acceptent de rester sur le long terme dans les établissements difficiles.

Propos recueillis par Eve Taraborrelli et publiée sur le site du Figaro le 25/08/2015

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