Valérie Pécresse, la candidate des Républicains pour les élections régionales en Ile-de-France, en décembre, veut faciliter l’accès au permis de conduire pour les jeunes. Elle souhaite que la région finance pour eux l’examen du code de la route, ce qui les aiderait à trouver un emploi, surtout en banlieue.

Quel objectif visez-vous en rendant le code gratuit pour les jeunes ?

Il faut partir d’une réalité qui est que des milliers d’emplois ne sont pas pourvus en grande couronne parce que des jeunes n’ont pas le permis de conduire. Ce dernier est nécessaire pour se rendre au travail dans certaines zones de la région ou prétendre à certains postes, comme ceux de commerciaux, mais il est cher : entre 1 000 et 2 000 euros. Et l’un des points de blocage est le code, difficile à avoir. Donc il faut aider les jeunes à obtenir le permis, avec un code qui devrait être gratuit. Ce serait un moyen de lutter contre le chômage des jeunes, plus de 16 % en Ile-de-France qui est scandaleux dans une région-monde.

Comment fonctionnerait ce coup de pouce régional ?

L’idée serait de faire passer le code soit directement et gratuitement dans les lycées, les CFA ou les missions locales, soit dans les auto-écoles à l’aide d’un chèque régional. On commencerait par les établissements professionnels et techniques, car ce sont les jeunes qui sont le plus rapidement confrontés au marché de l’emploi.

Quelle économie permettrait cette aide pour une famille ?

En moyenne, cela représenterait une économie d’environ 300 euros par famille. La contribution régionale s’arrêterait une fois que le jeune a le code en poche, quel que soit le nombre d’échecs, car le but est bien que tous les candidats l’obtiennent. Le tout sans condition de ressources, ni demander de contreparties, ni augmenter les impôts.

Par quels moyens comptez-vous financer cette mesure dans ce cas ?

Je veux m’inspirer de certains pays étrangers en créant de nouvelles recettes régionales via les plaques minéralogiques. Je propose aux particuliers et aux entreprises de personnaliser le cartouche dédié au département sur leur immatriculation. On pourrait donc y placer ses initiales, le logo de son entreprise ou d’une association, son numéro fétiche… Cela pourrait rapporter plusieurs millions d’euros par an, comme le montrent les exemples étrangers.

Cette idée peut-elle être bénéfique pour la sécurité routière ?

L’impact pourrait être très fort en termes de sécurité, effectivement. Je pense notamment aux nombreux jeunes conducteurs de deux-roues, très vulnérables et qui ne sont détenteurs que d’un brevet de sécurité routière (BSR), moins complet que le code du permis de conduire. Par ailleurs, la mesure permettrait de mieux lutter contre la conduite sans permis de ceux qui n’ont jamais poussé la porte d’une auto-école, parce qu’ils n’en ont pas les moyens.