Il y 97 ans jour pour jour, à onze heures, les armes se taisaient enfin après quatre ans d’un conflit atrocement meurtrier. 1,6 millions de Français sont tués ou portés disparus. 3,5 millions sont blessés sur le front. Plus de 300.000 vétérans mutilés ou défigurés portent sur leurs corps les stigmates indélébiles d’un déferlement de violence sans précédent. Il faut aller, comme aujourd’hui, se recueillir devant le monument aux morts de ces villages où sont inscrits plus de noms que le bourg ne compte de maisons, où défilent à la suite toujours le même patronyme, pour mesurer à quel point les familles ont été décimées et le pays traumatisé par cette guerre.

Les cérémonies du 11 novembre offrent l'occasion d'un rassemblement de la Nation toute entière autour d'une mémoire commune. Aujourd'hui, dans toutes les villes et dans tous les villages de France, anciens combattants, citoyens, jeunes, élus se réunissent autour des milliers de stèles érigées en l'honneur des héros de la Grande Guerre. Des héros venus de tous les territoires qui composaient alors la France. Tirailleurs, spahis, zouaves, chasseurs d'Afrique, ils ont été plus de 600.000 soldats à combattre pour le drapeau tricolore au même titre que leurs frères d'armes nés dans l'Hexagone.

Aujourd’hui, la France célèbre les morts de la guerre 14-18 et, à travers eux, tous ceux qui ont donné leur sang pour la défendre. Nos monuments aux morts ont été érigés en hommage aux héros d’une guerre qui espéraient qu’elle serait la « der des ders »… Nous savons que leurs espérances ont été vaines. Les noms qui au fil des ans sont venus s’ajouter à ceux des victimes de la première guerre mondiale nous disent combien la paix est toujours incertaine et fragile.

Les cérémonies du 11 novembre portent en elles un message de reconnaissance, de recueillement et d’espoir. Un message d’autant plus fort qu’à mesure que le temps avance, les témoins se font plus rares. Sept ans déjà nous séparent des obsèques nationales de Lazare Ponticelli, le dernier des poilus, « homme de paix, modeste et héroïque, italien de naissance et français de préférence » comme il sera célébré lors de son oraison funèbre. Et les soldats de la seconde guerre mondiale ont désormais tous près de 90 ans…

Lorsque le souvenir s’en va, l’œuvre de mémoire à l’impérieux devoir de prendre le relais. C’est cette histoire qu’il nous faut transmettre et faire vivre auprès des jeunes, au travers d’institutions, comme le musée de la Grande Guerre de Meaux, pour entretenir une flamme du souvenir aussi vivace que celle qui célèbre le soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe de la place de l’Etoile. C’est là notre devoir et la meilleure reconnaissance que nous pouvez adresser à ceux qui n’ont pas hésité à donner leur vie pour nous permettre de vivre comme nous vivons aujourd’hui.

Et parce que nous n’oublions pas les sacrifices qu’il faut pour défendre la France et ses valeurs, en ce jour d’hommage à nos aînés, nous pensons aussi à tous nos soldats, présents partout dans le monde, et qui ont fait le choix d’exposer leur vie pour protéger la nôtre. En 2015, 10 soldats ont donné leur vie pour nous préserver des dangers qui nous menacent encore.

Honneur à tous ceux qui ont combattu pour la France. Hommage à tous ceux qui sont morts pour elle.

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