Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les députés,

Mesdames et Messieurs les sénateurs,

Mesdames et Messieurs les députés européens,

Monsieur le Préfet de Région, Cher Michel CADOT,

Madame et Messieurs les Présidents de Départements,

Monsieur le Président de la Région Sud Provence Alpes Côte d’Azur, Cher Renaud,

Monsieur le président de la cour administrative d'appel de Paris, Cher Patrick FRYDMAN,

Monsieur le Recteur chancelier de la région académique Île-de-France et de l'académie de Paris, Cher Gilles PECOUT,

Mesdames et Messieurs les Recteurs,

Monsieur le Conseiller du Gouvernement, Cher Préfet PHILIZOT,

Mesdames et Messieurs les Préfets,

Monsieur le Commissaire général à l’investissement, Cher Louis SCHWEITZER,

Monsieur le Gouverneur des Invalides, Cher Général Christophe DE SAINT-CHAMAS,

Monsieur le Commandant de la Région de Gendarmerie, Cher Général Jean-Marc LOUBES,

Monsieur le Commandant de la Brigade des Sapeurs-pompiers de Paris, Cher Général Jean-Claude GALLET,

Monsieur le Président de la Cour régionale des comptes, Cher Gérard TERRIEN,

Madame la Présidente du tribunal de grande instance de Pontoise, chère Gwenola JOLY COZ,

Monsieur le Président du tribunal de commerce de Paris, cher Jean MESSINESI,

Monsieur le Président du Conseil Economique, Social et Environnemental Régional, Cher Jean-Louis GIRODOT,

Madame la Directrice régionale des Affaires culturelles d’Ile-de-France, Chère Nicole DA COSTA,

Mesdames et Messieurs les Vice-présidents du Conseil Régional, chers amis,

Mesdames et Messieurs les Présidents de groupe,

Mesdames et Messieurs les Conseillers Régionaux,

Mesdames et Messieurs les conseillers départementaux,

Mesdames et Messieurs les maires,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués, des entreprises, de nos partenaires publics et privés,

Mesdames et Messieurs les Représentants de la société civile, des organisations syndicales, des associations et des cultes,

Monsieur l’Ancien Président de la Région, Jean-Paul HUCHON,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Je vous remercie d’avoir répondu si nombreux à mon invitation, ce soir, au Quai Branly, en ce musée des Arts Premiers, lieu de dialogue des cultures, si cher à Jacques Chirac, auquel j’adresse une pensée affectueuse. Je pense à ses mots quand on lui demandait « pourquoi la politique ? ». Il répondait que la politique, c’est « l’art de rendre possible ce qui est nécessaire ».

Mes chers amis, je me tiens devant vous ce soir pour plaider une réforme politique, possible et nécessaire. Je suis venue vous parler de l’avenir, de l’avenir de l’Île de France, de l’avenir des Franciliens. Je suis venue dessiner avec vous ce que pourrait être une Région Métropole moderne, une Région Métropole puissante, une Métropole écologique et solidaire, une Métropole pensée à la bonne échelle. Une Région Métropole pensée dans le lâcher-prise d’une vraie décentralisation. Pensée comme un authentique choc de simplification.  

Je suis venue vous parler d’une Région Métropole coopérative qui travaille main dans la main avec les départements, qui travaille en équipe avec les maires, qui réunit les Franciliens, les territoires, les projets. Je viens vous parler d’une Région Métropole, qui puise sa légitimité dans la politique que nous menons et les premiers résultats que nous avons, après deux ans à l’écoute des Franciliens, après deux ans au service des Franciliens.  

Je suis venue avec des preuves ; des preuves que nous faisons ce que nous avons promis, des preuves aussi que l’on peut faire plus, que l’on va faire mieux, avec moins d’argent public ; des preuves que nous avons un destin métropolitain. Une Région Métropole, c’est une Région qui relève les grands défis du temps ; les défis de l’emploi, de l’environnement et de la qualité de vie, de la cohésion sociale. Et pour cela, notre Région Métropole se veut innovante, écologique, sûre et solidaire.

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L’année 2018 sera placée sous le signe de l’innovation avec le lancement de la Smart Région initiative ­– en bon français dans le texte. L’objectif, c’est d’abord d’attirer chez nous les investisseurs de tous les pays pour créer de l’emploi. Avec 700 000 chômeurs, et 18% de chômage des jeunes, l’Île de France, terre de toutes les excellences, est aussi la terre de tous les contrastes. Il était temps d’engager la reconquête.   

La reconquête financière d’abord. Depuis le BREXIT, nous œuvrons pour la relocalisation des emplois londoniens dans notre Région : 2500 arrivent dans les mois qui viennent ; nous avons gagné le siège de l’Agence bancaire européenne, et notre objectif de 10 000 emplois directs relocalisés est clairement atteignable. Disons-le, pour nous, la finance n’est pas l’ennemi, mais c’est une condition de souveraineté nationale car seule une finance française forte peut faire face au défi du financement et de la croissance de nos PME et de nos ETI. Nous voulons que s’invente en Île de France la finance de demain, verte et solidaire, et le renouveau du quartier de la Défense nous invite à toutes les ambitions.

La reconquête industrielle ensuite. Nous avons perdu 360 000 emplois industriels en 10 ans ; on nous a fait croire que l’on pouvait bâtir une Région capitale puissante sans usines. La désindustrialisation de la Région est l’une des causes de l’explosion du chômage et de la ghettoïsation de nos quartiers populaires. Je crois à, je défends, la renaissance de l’industrie francilienne, fondée sur l’innovation, la robotique, l’intelligence artificielle, l’impression 3D avec des usines du futur, beaucoup moins polluantes, dans lesquelles s’inventeront le véhicule de demain, zéro carbone, mais aussi l’avion du futur, l’ordinateur quantique ou la santé du XXIe siècle.  De Paris à Saclay, de la vallée des biotech’ aux industries créatives en Seine Saint Denis, de la Vallée de la Seine à Roissy, nous identifions des territoires d’innovation où la dynamique entrepreneuriale est déjà forte. Nous investissons massivement dans l’intelligence artificielle. Nous faisons le pari du design, « au cœur du fonctionnement des choses » comme le disait Steve Jobs. Nous assumons de faire de l’Île de France la Start Up Region d’Europe, l’équivalent européen de la Sillicon Valley grâce à la créativité de nos universités et de nos centres de recherche désormais partenaires de notre tissu économique. Plus de 1000 start-up ont été soutenues par la Région en 2017. Nous encourageons aussi la transition numérique et écologique des PME traditionnelles.

La reconquête touristique, enfin. Le secteur touristique, durement frappé par les attentats, avait perdu 30 000 emplois en 2016. Grâce à notre action collective, nous avons ramené la confiance et les touristes à un niveau record cette année, en renforçant l’accueil, la sécurité et le service. A côté de Paris, Disneyland et Versailles, nos marques mondiales, nous misons sur le digital pour révéler toutes nos richesses, des « Maisons des illustres » à nos châteaux, des terres impressionnistes aux cathédrales, du musée de la Grande Guerre à la Cité du Cinéma…  Nous mettons en valeur nos festivals, nos congrès d’affaires et nos grands évènements sportifs. Pour la Région, le tourisme est un vivier inestimable d’emplois non-délocalisables, et encore sous-exploité.

L’artisanat et le commerce feront cette année l’objet d’une attention particulière, avec une stratégie destinée à encourager l’installation de commerces de proximité plus nombreux en centres-villes, dans les quartiers populaires, grâce au « Fond quartier », et dans les villages ruraux.

L’économie sociale et solidaire, quant à elle, sera enfin considérée comme un secteur à part entière de notre vie économique, et aura désormais accès à nos dispositifs de soutien aux entreprises et à nos commandes publiques.

Aujourd’hui, face au défi de l’emploi, l’enjeu de la formation devient plus que jamais crucial. Il ne suffit pas qu’un emploi soit créé, encore faut-il que les Franciliens puissent l’occuper. La formation de nos jeunes, c’est 5 Milliards € consacrés à la modernisation de 200 lycées vétustes et à la construction de 12 lycées neufs sur les 10 prochaines années ; ce sont des lycées plus autonomes, 100% numériques, ouverts sur l’international.

Pour l’apprentissage, nous venons de battre un record d’inscription avec 85 900 apprentis, grâce à la mise en place de contrats de performance dans les CFA, à l’expérimentation de l’apprentissage jusqu’à 30 ans et de la délivrance de titres professionnels. Pour la première fois depuis 2006, le nombre d’apprentis en CAP et Bac pro augmente alors qu’il avait chuté de 18% en 10 ans. Un message que nous pouvons adresser aux branches professionnelles et à l’Etat : l’apprentissage, quand il y a une volonté politique et que tout le monde se retrousse les manches, ça décolle !

Concernant les demandeurs d’emploi, après l’improvisation et les carences du plan 500 000 formations, la Région a décidé de saisir aujourd’hui la main tendue de l’Etat sur le « Programme de transformation des compétences ». Dès cette année, 3000 chômeurs ont retrouvé le chemin de l’emploi dans le cadre de nos formations de « seconde chance numérique ». Nous allons pouvoir poursuivre et amplifier ces reconversions au profit des métiers de demain et des métiers en tension, dans le domaine du numérique, je l’ai dit, mais aussi du transport, du BTP, de la santé ou des services à la personne.

Au cœur de notre stratégie pour l’emploi, un grand portail web, fruit de deux ans de travail : le portail ORIANE. ORIANE comme orientation. ORIANE comme fil d’Ariane pour se repérer dans le labyrinthe de l’offre de formation francilienne. Pour que collégiens, lycéens, apprentis, étudiants, salariés et demandeurs d’emplois puissent s’orienter vers les bonnes formations, trouver un emploi près de chez eux et dans les domaines les plus proches de leurs compétences. Parce que la Région Métropole est à la croisée des univers économique, éducatif et de formation, elle a pris ses responsabilités et mobilisé toute son énergie en lien avec Pôle Emploi, l’éducation nationale, les organismes consulaires et les partenaires sociaux pour mettre le BIG DATA au service de la réussite des Franciliens.  

Et en 2018, notre grande cause régionale se portera en amont sur la prévention du décrochage scolaire. Nous mobiliserons tous nos instruments, tous nos partenaires : les cordées de la réussite, les écoles de la deuxième chance, les missions locales, les EPIDE, le diplôme d’accès aux études universitaires, les associations, toutes les structures, toutes les initiatives pour qu’aucun enfant ne soit abandonné en chemin.

Enfin, nous nous engagerons à relever le défi de la Région Multilingue. « Connais-toi toi-même » et « deviens ce que tu es » : dans une Région-Monde dont l’atout est la jeunesse, nous devons faire fructifier notre capital linguistique, appauvri, faute de moyens. Agnès EVREN et Danielle FILÂTRE, forts de nos récentes expérimentations d’apprentissage numérique des langues étrangères dans les lycées, viennent de présenter un rapport au Premier Ministre qui placera l’enseignement en langue étrangère au cœur du projet éducatif francilien. Ajoutons que trois lycées internationaux supplémentaires verront le jour, dont le premier cette année à Courbevoie.

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L’innovation, nous la mettons également au service d’une Région-Métropole écologique. Une Métropole de la qualité de vie, c’est d’abord une Métropole où on se déplace moins, en tout cas aux heures de pointe ; où on peut télé-travailler grâce au déploiement du Très Haut débit dans tous les territoires. C’est pourquoi nous avons l’objectif de créer 1000 tiers-lieux de travail partagés d’ici 2021 dont 150 seront installés en 2018 dans nos gares.  

Une Métropole écologique, c’est une Région où l’on respire bien, parce que les transports en commun sont une priorité.  Vous le savez, dès notre arrivée, nous avons lancé la Révolution des transports. Mais il fallait au préalable rétablir les équilibres financiers d’Île de France Mobilités. J’ai le plaisir de vous annoncer qu’à l’issue d’un âpre combat au Parlement cet automne, les recettes permettant de conserver le passe Navigo à tarif unique ont été définitivement sécurisées avec l’harmonisation du versement transport en petite couronne. Et je tiens personnellement à remercier Amélie de Monchalin et tous les parlementaires franciliens qui ont défendu notre cause. Notre fierté aujourd’hui, c’est d’avoir en Île-de-France le réseau de transports en commun le plus fourni du monde, avec un tarif, il faut le dire, qui est le plus bas de toutes les grandes métropoles. 

En cette année qui a été une année particulièrement dure pour les voyageurs d’Île de France, je suis consciente des nombreux dysfonctionnements qui ont traduit la vétusté et la fragilité de certaines lignes de trains et de RER. Les chantiers de modernisation et les chantiers du Grand Paris Express ont ajouté des aléas imprévus. Je le dis, la galère que subissent certains voyageurs n’est plus tenable !

C’est pourquoi j’ai appelé l’Etat à déclarer l’urgence ferroviaire dans les transports du quotidien. Les investissements de SNCF Réseaux ont atteint un pic historique mais ne sont pas encore, malheureusement, à la hauteur des enjeux. Aujourd’hui, je le dis clairement, la priorité numéro 1, c’est l’amélioration des lignes existantes. Je sais que je peux compter dans ce combat sur le volontarisme de la SNCF, de la RATP et de leurs agents, qui ont été très durement sollicités cette année et à qui je veux témoigner toute ma reconnaissance.  

Mais, j’assume de le dire, s’il y a autant de dysfonctionnements, c’est aussi parce que le réseau de transport est saturé. Cela exige de continuer à soutenir la création de nouvelles lignes, notamment de banlieue à banlieue. Gouverner c’est prévoir. Face à la demande croissante des transports en commun en Île de France, face à la difficulté croissante de se déplacer, j’attends que l’Etat tienne les engagements du Contrat de Plan Etat Région, en temps et en heure, pour que tous les projets de tramways et de prolongement de métro soient réalisés dans les délais, et que les lignes du Grand Paris Express, qui suscitent tellement d’attentes et tellement d’espoir chez des millions de Franciliens ne soient pas renvoyées aux calendes grecques par le gouvernement.

J’ajoute que nous allons faire face, et je le dis avec lucidité et sans démagogie, à 10 ans de chantiers et de travaux nécessaires, pour la rénovation des lignes existantes ou la création des nouvelles lignes. C’est pourquoi j’ai demandé au premier ministre et à la Ministre des transports la création d’un Fond d’indemnisation des voyageurs en cas d’aléas de chantier. Ce Fond me paraît indispensable au nom de la qualité de service que nous devons aux voyageurs. Cette année, IDFM a pris seule la responsabilité d’indemniser les voyageurs des RER A et RER B – mais ça n’est pas tenable sur le long-terme.

Au-delà du renouvellement du réseau et de la création de nouvelles lignes de transports, vous le savez, nous voulons mettre la qualité de service au cœur de notre politique, avec un premier engagement, celui que tous les trains seront neufs ou rénovés d’ici 2021. C’est en cours.  Déjà 700 rames ont été commandées, dont plus d’un tiers déjà livré.

La qualité de service, c’est aussi le « Plan Mille bus » avec plus de 100 Millions d’€ engagés depuis 2016. Inédit dans son ampleur, notamment à Paris, il s’est fait dans le cadre d’un dialogue exemplaire avec les collectivités locales, les associations d’usagers et les Franciliens. Nous lançons une commande record pour des bus propres, et expérimentons le transport à la demande, les navettes autonomes et la location de vélos électriques longue durée.  

La qualité de vie, c’est aussi un Plan anti-bouchon. Je veux qu’on rende à la route toute sa place. Mais une route écologique, intelligente et mieux utilisée qui servira notamment à accueillir plus de bus et plus de covoiturages avec des aménagements dédiés sur nos principales autoroutes franciliennes.

Agir pour l’environnement, c’est enfin permettre aux Franciliens de lâcher leur voiture et la laisser aux abords des gares – des gares modernisées, sécurisées et accessibles : 7850 places de parcs-relais sur les 10 000 annoncées pour 2020 sont déjà en construction. Nous avons par ailleurs identifié 1500 places de parkings réparties aux différents points d’entrées dans Paris que nous souhaitons voir mises à disposition des Franciliens à un prix abordable, une des mesures compensatoires que j’ai demandée à la Mairie de Paris après la fermeture des voies sur berge.

Certains disent qu’en matière de transports, tout prend du temps et que nous sommes trop pressés. Je leur répondrai en citant l’homme pressé de Paul Morand « La modernité c’est de se déplacer vite et bien ». Tout est dit.

Notre Région Métropole écologique, à la fois urbaine et rurale, veut réconcilier la ville, l’homme et la nature. Ce sera d’ailleurs le thème de la biennale d’architecture que nous organiserons en 2019 à Versailles.

Elle se dote d’un « Plan Vert » pour l’Île de France Pour mettre fin à des décennies de destruction continue d’espaces verts et agricoles dans la Région. Nous voulons offrir un espace vert à moins de 15 minutes de chez eux à tous les Franciliens, et notamment aux 2 millions qui en sont encore privés. Notre objectif : créer l’équivalent du Bois de Boulogne en nouveaux espaces verts et boisés.

Elle se dote aussi d’un Fond propreté, qui aide les maires à lutter contre les dépôts sauvages de déchets ; notre Métropole écologique protège les forêts, crée la première Agence Régionale pour la biodiversité de France.

Elle reprend seule la gestion des Parcs Naturels Régionaux, pour conforter leur rôle de territoires d’innovation environnementale, qui allient harmonieusement le développement économique et la valorisation des espaces naturels.

Et pour 2018, la Région relèvera deux challenges : d’abord, définir une vraie stratégie en matière de déchets, sachant que les travaux du Grand Paris Express en produiront des millions de tonnes qu’il faudra recycler ; puis définir un plan concret pour le développement des énergies renouvelables, qui ne représentent malheureusement que 5% de notre consommation régionale, faute d’une action résolue ces dernières années.

Notre Métropole écologique fait enfin de son agriculture et de son alimentation locale un atout maître dans la concurrence mondiale. Nos agriculteurs sont des entrepreneurs, nous les aidons à s’installer, à prendre des risques, à innover, à se protéger des aléas climatiques, à se diversifier et à exporter. Et je le confirme, d’ici 2024, toutes les cantines des lycées seront approvisionnées en circuits courts, avec des produits locaux, dont la moitié seront issus de l’agriculture biologique. Je me félicite ce soir de notre partenariat fructueux avec la Chambre d’Agriculture qui catalyse les énergies pour mettre en place de nouvelles plateformes de maraîchage, des circuits de découpe et même de l’agriculture urbaine.

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Mais notre Région doit aussi être plus sûre. Parce que la sécurité est la première des libertés. Je veux rendre un vibrant hommage à nos militaires et à nos forces de sécurité nationales et municipales pour leur engagement dans une mission nationale courageuse et particulièrement difficile ; je n’oublie pas ce qui s’est passé récemment à Champigny et à Aulnay. Nous avons mis l’impératif de sécurité dans toutes les politiques régionales : lycées, transports, aides aux communes ; nous nous sommes donnés comme mission de déployer en Île de France un « Bouclier de Sécurité » régional, sous la forme d’un Fond Spécial de soutien qui permet de déployer la vidéoprotection dans tous les territoires, d’équiper les polices municipales, et, en partenariat avec le Ministère de l’Intérieur, de rénover les casernes et les commissariats. Le budget consacré à la Sécurité a triplé depuis notre arrivée.  

L’actualité aujourd’hui en Île de France, c’est la situation explosive de nos prisons. Avec l’indignité de 200% de taux d’occupation, des détenus de plus en plus violents et radicalisés, la situation ne peut plus durer. C’est pourquoi je suis prête à proposer au Ministère de la Justice, un partenariat sur le modèle de celui que nous avons avec le Ministère de l’Intérieur, en cofinançant l’ouverture en urgence de nouveaux centres de détentions sur le territoire régional.

La sécurité, c’est aussi la sécurité dans les transports et en particulier celle des femmes. 650 emplois de sécurité supplémentaires sont financés cette année pour la RATP et la SNCF. La vidéoprotection se déploie partout jusque dans les bus. Nous lançons prochainement une vaste campagne de sensibilisation et de lutte contre le harcèlement avec un numéro de téléphone et sms, le 3117 – 31117, pour libérer la parole et encourager les témoins à lancer l’alerte. Enfin, c’est une demande qui m’a été faite par des associations de femmes des quartiers populaires travaillant en horaires décalés, nous expérimenterons des arrêts à la demande sur dix lignes de bus de nuit. La protection des femmes victimes de violences, c’est aussi le financement de « téléphones grand danger » dans tous les départements, et 100 logements sociaux régionaux qui leurs sont spécialement réservés.  

Face à la menace terroriste, nous avons pris à bras le corps le sujet de la prévention de la radicalisation. Parce qu’on ne peut abandonner nos enfants à l’influence de prêcheurs de haine qui cherchent à les endoctriner, nous avons créé le premier réseau d’alerte contre la radicalisation dans le sport grâce à un partenariat exemplaire avec le mouvement sportif. Et nous faisons témoigner les familles de victimes du terrorisme dans le cadre de programmes pédagogiques dans les lycées.

Nous avons également adopté une charte du « respect de la laïcité et des valeurs de la République » contraignante pour tous les partenaires, qui conditionne le versement des subventions régionales, afin d’éviter toute dérive.

Vous l’avez compris, nous n’avons finalement qu’une ligne directrice : faire respecter la loi partout et par tous.

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Notre Région Métropole est enfin une Région solidaire. Fidèle aux origines du nom Métropole, nous voulons installer une mètèr-polis, une Région qui soigne. L’Île-de-France que nous construisons est juste et solidaire, elle ne laisse personne au bord de la route et soutient les Franciliens qui peinent à boucler leur fin de mois.  

Notre action se déploie dans plusieurs directions. Contre la précarité des étudiants qui sacrifient souvent leur budget santé nous avons doublé l’aide à l’acquisition d’une mutuelle. Contre la précarité des familles, nous avons généralisé la tarification sociale dans les cantines de tous les départements, et nous soutenons les associations qui font partir les enfants en vacances toute l’année, sur les Îles de loisir régionales ou ailleurs. Contre la précarité des mal-logés, nous nous battons contre le commerce de la misère des marchands de sommeil avec de nouveaux outils d’intervention efficaces. Nous encourageons et soutenons la construction et la rénovation de logements. Et nous accélérons le rythme avec 100 quartiers écologiques et innovants en projet d’ici 2021.

Je suis d’ailleurs fière de vous annoncer qu’on n’a jamais autant construit en Île de France que l’année dernière, et jamais autant de logements sociaux, tout en respectant le principe d’une véritable mixité sociale. Je voudrais saluer ici les nombreux maires bâtisseurs franciliens qui, contrairement aux idées reçues, appartiennent à toutes les familles politiques de la Région : 100 000 personnes auront eu un logement neuf ou rénové depuis deux ans grâce à la Région.

 Lutter contre le mal-logement, c’est aussi rénover les copropriétés dégradées, pour rendre à chaque Francilien une vie digne, dans un logement décent. Et je me félicite d’avoir conclu sur les sujets de lutte contre l’exclusion, des partenariats pérennes avec les grands réseaux associatifs, comme Emmaüs, la Fondation Abbé Pierre et la Croix Rouge.

S’engager contre toutes les formes de discriminations, c’est aussi mettre les personnes en situation de handicap au cœur de toutes nos politiques. Depuis deux ans, c’est le cas, avec notamment l’accélération de la mise en accessibilité de nos gares, un accompagnement personnalisé des lycéens et un partenariat inédit avec Cap-Emploi.

Enfin, je veux vous décrire une Région qui s’engage pour l’égalité femme-homme, pour l’émancipation et la dignité des femmes. C’est peut-être ma touche personnelle. Et cela commence par l’éducation : avec le Centre Hubertine Auclerc, nous avons lancé la première campagne d’information sur le cyber-sexisme et le cyber-harcèlement dans les lycées, et une nouvelle campagne « tu m’aimes tu me respectes » pour l’éducation des adolescents. Vous voyez, nous n’avons pas attendu l’affaire Weinstein pour être aux avant-postes de l’égalité. Et je suis fière que nos initiatives fassent des émules.

Enfin, le grand défi d’une Région Métropole solidaire, c’est de recoudre le territoire francilien, marqué par les fractures entre petite et grande couronne, entre Paris et la banlieue, entre l’urbain et le rural. Et nos alliés, ce sont le sport et la culture.

Je me suis engagée pour les JO. Mais je fais ici la promesse de ne jamais sacrifier le sport qu’on pratique au quotidien au profit du sport qu’on regarde à la télévision. Pour vous donner un ordre de grandeur, la précédente mandature finançait en moyenne 13 équipements sportifs par an ; depuis deux ans, nous avons soutenu la construction et la rénovation de 154 équipements ! Nous voulons une Région sportive à tous les âges de la vie. Je crois au développement du sport parce qu’il porte des valeurs éducatives d’effort, de dépassement de soi, de fraternité, de respect ; il est notre meilleur atout-santé, et surtout, je sais qu’il contribue puissamment à notre cohésion territoriale et nationale.  

Nous voulons recoudre les territoires en misant aussi sur la culture, parce que le ciment d’une société, c’est sa culture. La culture, c’est l’identité, la langue, l’histoire ; c’est la culture qui nous permet de résister aux manipulations intellectuelles et idéologiques ; c’est la culture qui apporte un supplément d’âme à nos vies. Alors, retrouvons l’ambition d’André Malraux d’une véritable culture partagée, et donnons-nous les moyens de cette ambition. Ma stratégie, c’est que la culture sorte de Paris, par une politique d’inclusion, d’itinérance, de création. Une politique qui passe par l’éducation artistique dans tous les lycées et dans les îles de Loisirs.  Une politique qui valorise notre patrimoine et nos créateurs. « A grand héritage, grandes responsabilités ». Nous allons créer le concours FORTE, un Fond Régional d’1 M€ pour faire émerger les jeunes talents en Île de France dans tous les domaines des arts.  Car je ne veux plus qu’on me dise que l’environnement francilien ne favorise pas la jeune création mais les artistes installés !

Une Région Métropole solidaire peut seule résorber les fractures qui minent notre territoire, agir contre les ghettos urbains et l’abandon des territoires ruraux. Je le dis haut et fort : la Métropole doit inclure la Grande Couronne ! Nous avons tenu nos promesses en multipliant par deux les contrats ruraux, pour aider les maires à construire et maintenir des équipements de proximité. Nous soutenons les communes rurales, parfois en urgence comme l’année dernière, à l’époque des crues – et je les soutiendrai encore cette année, si la montée des eaux devait se confirmer dans certains départements. Je n’oublie pas non plus les quartiers de la politique de la ville, avec un effort inédit de 250 millions d’€ pour le renouvellement urbain, et trois priorités : la sécurité, la jeunesse et le développement économique. Nous déployons aussi une politique volontariste pour l’entreprenariat dans les quartiers.

Voilà de quelle manière la Région Métropole agit partout, pour tous. Parce que nous voulons que chaque habitant, chaque territoire, ait la même dignité.

D’ailleurs, notre Région donne l’exemple, puisque dans quelques jours nous franchirons le périphérique, et nous nous installerons en Seine Saint-Denis, à Saint-Ouen dans un quartier populaire. Le déménagement, 17 ans qu’on en parlait… nous on le fait ! Une Région exemplaire, c’est une collectivité qui investit, forte des économies qu’elle fait sur ses dépenses de fonctionnement. C’est une Région proche des Franciliens, une Région du dialogue social qui a signé en deux ans cinq accords sur des sujets aussi majeurs que le handicap, l’égalité femmes-hommes, la qualité de vie au travail ou le télétravail. Une Région exemplaire, c’est une administration moderne et modèle.  Voilà ce que nous voulons incarner.

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Je vous ai montré que la Région agit, agit de manière cohérente, concertée, déterminée. J’espère vous avoir convaincu de ce qui nous anime, de notre «passion dévorante» pour paraphraser Aragon. Je veux convaincre inlassablement le gouvernement, unissant ma voix à celle du Président du Sénat Gérard Larcher, que les Collectivités Territoriales sont dignes de confiance.

J’aimerais sceller ce soir un pacte Girondin avec vous tous. Parce que c’est le bon moment,

Parce que les Français nous disent « simplifiez » ;

Parce que les Français nous disent « soyez efficaces » ;

Parce que les Français nous disent « soyez économes » ;

Parce que les Français nous disent « soyez proches »,

Parce que nous sommes « à portée d’engueulade »,

Parce que les Franciliens nous disent, à nous, leurs besoins et leurs espoirs ; parce qu’ils nous confient leur quotidien et leur destin.

Chateaubriand disait « pour être de son pays, il faut être de son temps » – j’engage nos décideurs à être de notre temps !

Et pour moi, il est grand temps de vous présenter tous mes vœux pour cette nouvelle année. Qu’elle soit douce et heureuse, entourée de vos proches et de ceux que vous aimez ; qu’elle vous apporte la santé, le succès et la prospérité.  Je vous souhaite à toutes et tous, une bonne année 2018, et je vous remercie. 

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