

L’assassinat du Père Olivier Maire par un ressortissant rwandais débouté de sa demande d’asile et dont l’éloignement du territoire, décidé à trois reprises, avait été mis en échec par la justice a ému et scandalisé tous nos concitoyens. A juste titre, car ce crime commis témoigne d’une série de dysfonctionnements affectant notre procédure d’examen des demandes d’asile, la situation de nos hôpitaux psychiatriques, nos délais de jugement et surtout notre politique de reconduite à la frontière des clandestins.
Je veux restaurer la fierté française. Un pays fier de lui-même, c’est un pays qui fait respecter ses lois et ses frontières et qui est donc capable de renvoyer dans leur pays d’origine les clandestins. Souvenons-nous que le Président de la République avait annoncé vouloir faire exécuter 100 % des Obligations de quitter le territoire français (OQTF) prononcées à l’encontre des étrangers en situation irrégulière : encore une promesse sans lendemain !
Le nombre des interpellations d’étrangers en situation irrégulière (en métropole) a été peu affecté par la crise sanitaire : il est passé de 124 983 en 2019 à 107 515 en 2020 et 62 951 au premier semestre 2021. Je veux rendre hommage à l’action des forces de l’ordre qui n’ont pas relâché leurs efforts. En revanche, le nombre des éloignements effectifs s’est effondré de moitié, passant de 31 404 en 2019, soit un taux d’éloignement de 25,12 %, à 15 949 en 2020 (14,83 %) et 7809 au premier semestre 2021 (12,4 %). Sur huit étrangers interpellés en situation irrégulière en France, un seul sort effectivement de notre territoire !
Depuis un an, pour masquer cet échec, le gouvernement a assigné d’autres objectifs aux préfets. Il leur a demandé de concentrer leurs efforts d’abord sur les clandestins inscrits au FSPRT (fichier qui recense les individus susceptibles de commettre des actes terroristes), soit quelques centaines d’individus, puis sur ceux ayant commis des crimes ou délits graves sur notre sol, soit un millier d’individus. Bien sûr, ce sont les premiers à devoir être expulsés – y compris en cours de procédure judiciaire – ce qui n’a pas été le cas pour l’assassin du Père Maire. Mais cette stratégie est radicalement insuffisante. Elle refuse d’affronter la situation de l’immense majorité des clandestins entrés en France de manière irrégulière ou déboutés de leur demande d’asile ou encore reconnus majeurs alors qu’ils avaient tenté de se faire passer pour des mineurs non accompagnés. S’agissant de la lutte contre l’immigration clandestine, la politique du gouvernement, c’est l’arbre qui cache la forêt. Rien d’étonnant dans ces conditions à ce que le nombre des clandestins ne cesse d’augmenter dans notre pays, dépassant probablement 500 000 et alimentant ainsi la misère publique, l’économie souterraine et les trafics en tous genres dans les banlieues de nos grandes métropoles.
Présidente de la République, je romprai avec ce constat d’impuissance en mettant en œuvre quatre mesures fortes :
L’autorité ne se paie pas de mots. En ne reconduisant à la frontière qu’un clandestin sur huit, le pouvoir actuel signe, malgré ses gesticulations médiatiques, son impuissance sur l’immigration. C’est avec cette impuissance que je veux rompre.