« Protéger notre civilisation » 

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Valérie Pécresse, Discours sur la civilisation française et européenne

Valérie Pécresse a tenu un discours sur la civilisation française et européenne. Face aux nombreux du défis du XXIeme siècle, elle en appelle à un sursaut européen. Elle souhaite renforcer l’Europe face à ceux qui veulent la fuir et plaide pour la préférence européenne, pas le repli national.

Discours de Valérie Pécresse

« Il est en France des lieux où la conscience nationale parle plus haut qu’ailleurs ». Ce sont les mots du Général de Gaulle adressés à Strasbourg.  

C’est dans les murs de votre Cité que la révolution de l’imprimerie qui bouleversa l’Europe du XVème siècle trouva son berceau. C’est ici que notre chant national fut écrit par Rouget de Lisle. Et puis, c’est ici que vibre la démocratie de l’Europe, dans son Parlement qui doit impérativement demeurer à Strasbourg, la capitale de la réconciliation européenne.

Dans cette ville frontière, les strasbourgeois et les alsaciens ont toujours défendu leur liberté. Liberté locale, liberté française puis liberté et unité européennes.

C’est parmi vous que je veux aujourd’hui parler de la civilisation européenne patinée par l’influence gréco-romaine, pétrie de culture judéo-chrétienne, inspirée par l’esprit des lumières. Cette civilisation se distingue par son humanisme, sa démocratie et son état de droit.

27 Nations vivant ensemble, en paix, depuis plusieurs décennies. 27 peuples, 27 jeunesses libres de se rencontrer, de s’aimer, sans barbelés. On ne dira jamais assez que l’Europe est une exception historique qui mérite d’être protégée.

Un pays sans souveraineté est l’esclave des autres et une Europe qui ne croirait plus à sa civilisation n’aurait plus de raison d’exister.  

Des menaces nous guettent, et elles peuvent nous abattre.

Menaces militaires, au Sahel, en Méditerranée, en Europe centrale. Menaces économiques et commerciales exercées par des puissances immenses, comme la Chine et les Etats-Unis. Menace idéologique et terroriste avec l’islamisme, ce totalitarisme du XXIème siècle. Menace migratoire qui peut désagréger notre modèle culturel et social.

Face à tous ces défis, j’en appelle à un sursaut européen. Si nous persistons dans l’angélisme, si nous continuons à nous comporter comme le ventre mou de la mondialisation, nous tomberons dans les oubliettes de l’Histoire.

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Il faut revoir l’Europe et avoir l’audace de réveiller son courage.

Courage d’abord dans la protection de ses intérêts économiques. Le mot de « protectionnisme » ne me fait pas peur lorsque je vois tous ces produits qui inondent les marchés européens, eux qui ne respectent ni nos normes sociales, ni nos normes environnementales.

Il est temps de dresser une taxe carbone autour de nous – une barrière écologique ! Temps de choisir la préférence européenne, temps de revoir nos règles concurrentielles qui freinent notre capacité à créer des champions industriels européens.

Il est aussi temps de défendre nos agriculteurs qui ne doivent pas être les sacrifiés d’une PAC qui enclencherait un décrochage de la production européenne. Notre souveraineté alimentaire et notre responsabilité face aux famines climatiques sont autant de motifs de produire plus, mieux et pas moins.

Je suis pour l’équité commerciale et la réciprocité, pas pour la naïveté. Il faut savoir se défendre. Ainsi, les Etats-Unis se sont dotés d’une justice extra-territoriale capable de sanctionner partout dans le monde des entreprises qui utilisent le dollar et qui transgressent la législation américaine.

Je souhaite que la France engage le Conseil européen sur cette question. Il n’y a pas de raison que seuls les Américains utilisent l’arme juridique dans les affaires. Je soutiens la mise en place au niveau européen d’un principe d’extraterritorialité pour les entreprises qui utilisent l’euro.

Et puis, face à la puissance des GAFAM américains et des BATX chinois, l’Europe doit se mobiliser pour sa souveraineté numérique avec l’exigence d’un cloud européen fondé sur des technologies européennes.  

Au plan national, j’installerai un Comité de souveraineté économique et numérique auprès du Premier ministre pour faire de la procédure d’autorisation des Investissements Etrangers en France une procédure de contrôle politique. Les Américains le font et cela n’a pas rendu leur pays moins attractif.

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Pour le commerce comme pour les flux migratoires nous ne devons plus être une passoire. En Europe comme en France, nous devrons obtenir que les demandes d’asile soient effectuées aux frontières avec la mise en place de centres, dits « hotspots » permettant de recueillir et d’identifier les étrangers. L’Europe aidera puissamment les pays dont les frontières sont en première ligne car les stipulations des accords de Dublin sont aujourd’hui trop souvent lettre morte. Nous devrons obtenir la renégociation de la directive «retour» pour que les obligations de reconduite à la frontière soient exécutées sans délai.

Il faut que l’Union européenne parle d’une même voix aux pays qui refusent de l’appuyer dans sa politique d’expulsion de leurs ressortissants qui sont venus chez nous de façon illégale. Si ces pays ne collaborent pas alors l’Europe doit suspendre son aide au développement.

Mais nous devons avoir conscience que les destins de l’Europe et du continent Africain sont liés. L’Afrique doit conserver sa jeunesse et pouvoir compter sur un plan Marshall européen qui peine à se concrétiser.

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Le courage des européens, je le réclame aussi en matière de Défense. Combien de temps encore l’Europe acceptera-t-elle d’être considérée comme un nain militaire ? La guerre est un risque auquel on n’échappe jamais par la lâcheté mais par la fermeté.

Les Etats européens doivent amplifier leurs efforts en faveur de leurs armées. Ils doivent accepter le principe d’une Europe qui peut se battre par elle-même, sans rompre avec l’Alliance atlantique car nous avons besoin des USA et du Royaume-Uni.  

Présidente de la République, je dirai au Président des Etats Unis que l’OTAN est une alliance, pas une dépendance. Nous sommes alliés mais pas alignés. L’Europe a besoin d’une autonomie industrielle et stratégique.

Je dirai aussi qu’il faudra bien un jour renouer un dialogue franc avec la Russie car à force de nous isoler d’elle nous la jetons dans les bras de la Chine. Enfin, nous devons continuer le combat ensemble au Sahel, avec les européens. L’Islamisme doit être stoppé.

Alors que la plupart des fédérations musulmanes de France ont accepté de se plier à la charte des principes de l’islam de France, ici, la Confédération islamique Millî Görüs a refusé de la signer. Cette confédération est sous influence étrangère. Pour lutter contre l’islam politique qui se place en dehors des valeurs de la République, je propose d’interdire les financements étrangers des lieux de culte qui ne reconnaitraient pas la prééminence de nos lois. Derrière l’entrisme de l’islamisme, il y a un bras de fer contre notre civilisation que nous devons gagner.

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Mesdames et messieurs, ayons le courage de repenser le fonctionnement de l’Union européenne. L’Europe des directives et des règlementations tatillonnes doit laisser place à la respiration des Nations.

Ce qui est arrivé avec le Brexit peut arriver ailleurs si les peuples ne sont pas mieux entendus. A cet égard, je veux dire que les décisions de la Cour de Justice européenne feraient bien de ne pas empiéter à tout bout de champ sur la souveraineté des Etats.

Voir cette Cour se prononcer sur le temps de travail de nos militaires, l’entendre dire que leur activité ne respecte pas la directive 2003/88… Stop ! On parle ici de combattants, pas de salariés comptabilisant leurs heures sup et leurs congés payés. A ces décisions qui portent atteintes à notre sécurité, nous opposerons, comme l’a fait la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe, l’identité constitutionnelle de la France.

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Enfin, il va falloir ressouder le tandem franco-allemand. Entre amis, soyons francs. Les années Merkel furent utiles à l’Allemagne, mais moins à la France. Les décisions unilatérales de Berlin sur l’arrêt du nucléaire et sur l’ouverture de ses frontières furent un coup rude pour nous. Sa complicité commerciale avec la Chine et la Russie, sans parler de sa révérence à l’égard de Washington, ne furent pas à notre avantage.

Nous avons besoin de clarté et de décisions.

Clarté et décisions sur la contribution financière de la France à l’Europe, qui n’est pas payée de retour. Clarté et décisions sur la révision du pacte de stabilité dont l’orthodoxie toute germanique a explosé avec la crise du COVID.

Clarté et décisions sur les dépenses d’investissement prévues pour la transition écologique. Elles ne devraient pas être intégrées dans les règles budgétaires européennes, ni d’ailleurs les dépenses pour la défense de l’Europe.

Clarté et décisions sur le rôle du nucléaire qui devrait être considéré comme un investissement favorable au climat au même titre que les énergies renouvelables. Clarté sur l’élargissement de l’Europe qui ne devrait pas être à l’ordre du jour tant que l’Union n’est pas solidifiée.

Bref, le couple franco-allemand doit trouver un nouveau souffle mais pas au détriment des intérêts français, ni au détriment de nos grands voisins comme l’Italie et l’Espagne.

Voilà, mes amis, mes mots pour l’Europe

Mon message pour la prochaine présidence française de l’Union européenne en avril serait le suivant : « Amis européens, notre Europe doit comprendre qu’elle est une civilisation qui joue son destin dans un monde dangereux qui ne fera pas de cadeaux aux assoupis, ni aux candides. Avec vous, je veux renforcer l’Europe, pas la fuir comme certains. Je veux une préférence européenne, pas le repli national. Je me battrai pour la force de l’Europe comme pour la force de la France car on n’est pas respecté des autres lorsqu’on n’est pas fort chez soi ».

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Redonner à la France cette force, c’est mon ambition. Nous avons une histoire à défendre, un héritage, une langue sublime, un mode de vie. Nous devrions être rassemblés et fiers, or je vois autour de nous la violence, les communautarismes, le mépris de la France, le défaitisme. Je vois des idéologies fumeuses qui nous détruisent de l’intérieur : la cancel culture, le wokisme, l’indigénisme, sans parler de l’islamisme… Tous ces mouvements avancent à travers nos doutes d’occidentaux, notre naïveté et notre incapacité à livrer la bataille intellectuelle et morale.   

Nous n’avons ni à marcher à l’ombre, ni à rougir d’être Français et européens.

Je veux restaurer la fierté française. Parce qu’une Nation fière est une nation qui va de l’avant, qui ne tremble pas devant l’adversité, c’est une Nation unique et universelle qui parle à l’Europe, qui parle au monde.

La France en tête, l’Europe au premier rang : voilà ce que je propose, voilà pourquoi je me bats avec toute la détermination d’une Française et d’une Européenne qui a la Liberté, l’Egalité et la Fraternité dans le cœur.