

Valérie Pécresse veut se rendre dans tous les départements de métropole avant la primaire de la droite, le 4 décembre. Elle est à mi-parcours de sa campagne, avec six déplacements cette semaine, dont deux à l’Ouest. Vannes (Morbihan) ce jeudi 28 octobre et Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée) le lendemain. Cette dernière étape sera l’occasion pour elle de dévoiler ses propositions en matière de politique familiale. La candidate promet d’augmenter les allocations familiales pour les deux premiers enfants, sans conditions de ressources, de défiscaliser les pensions alimentaires et veut créer un congé parental rémunéré et modulable.
Où en êtes-vous dans votre campagne pour obtenir l’investiture des Républicains, le 4 décembre ?
Je veux être la présidente des solutions. J’ai entamé cet été un Tour de France en ce sens, pour rencontrer les Français, découvrir de bonnes initiatives, débattre des sujets qui posent question au niveau local et tester mes propositions. Parler d’éolien en mer à Saint-Brieux, d’agriculture bio à Roscoff, de nucléaire et de pêche post-Brexit à Flamanville, de déserts médicaux en Sarthe. Je m’imprègne de l’identité des territoires, de leurs problématiques, et je vois bien qu’il y a un intérêt croissant pour les propositions de la droite. Nous allons gagner cette élection parce que nos solutions sont les bonnes. Il faut remettre de l’ordre, dans les comptes et dans la rue, rendre de la dignité aux territoires et aux Français. Sur tous ces sujets, nous avons les réponses.
Ce vendredi, à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, vous parlerez de famille ?
Je veux mettre fin à la casse de la politique familiale menée par François Hollande et Emmanuel Macron, qui a entraîné une forte chute de la natalité. C’était une fierté française. Nous sommes, aujourd’hui, bien loin du taux de renouvellement des générations. François Bayrou a produit un rapport très alarmiste sur ce sujet, dans lequel il suggère, pour éviter le déclin, de faire venir plus de migrants en France. Je ne partage absolument pas cette conclusion.
Que proposez-vous ?
De restaurer l’universalité des allocations familiales et du complément mode de garde pour les familles. Cela permettrait à 1 million de familles de bénéficier d’une aide accrue. Je veux aussi inciter à la natalité en créant une allocation du premier enfant de 900 € par an, versée à tous les parents qui auront un enfant jusqu’à ses 18 ans, et qui s’ajoutera à la prime pour l’accueil du jeune enfant (la Paje) qui existe déjà. Je propose également d’augmenter de 20 % les allocations pour le deuxième enfant, en la faisant passer de 1 595 € à 1 900 € par an.
Pour toutes les familles, sans conditions de ressources ?
Oui. Pour redonner un coup d’accélérateur aux naissances. Il faut que les Français s’autorisent à avoir le nombre d’enfants qu’ils souhaitent. Je propose également de défiscaliser les pensions alimentaires des mères, de doubler le crédit d’impôt pour les emplois de service à domicile, et d’instaurer un congé parental aménageable, qui pourrait être pris à différents âges de l’enfant, jusqu’à ses 18 ans, pour l’accompagner en cas de difficultés, maladie, addiction, harcèlement…
À combien estimez-vous l’ensemble de ces propositions ?
La création d’une allocation pour le premier enfant coûtera de l’ordre de 900 millions en moyenne par an, comme l’augmentation des allocations pour les familles de deux enfants. Il faudra ajouter 800 millions pour rendre les allocations familiales accessibles à toutes les familles, sans conditions de ressources, plus 500 millions pour les crédits d’impôts sur les emplois de service. Mais ce sont des investissements pour notre avenir et les générations futures. J’instaurerai un délai de cinq ans de résidence régulière en France pour toucher ces prestations, afin qu’elles ne soient pas une incitation à l’immigration clandestine, et je gagerai toutes ces dépenses sur de très fortes économies.
Comment les ferez-vous, ces économies ?
En réformant les retraites, l’assurance chômage, en luttant contre les fraudes, en décentralisant et en supprimant 150 000 postes dans la fonction publique. On peut y parvenir en supprimant les doublons administratifs, en taillant dans la bureaucratie pour recentrer l’État sur ses missions essentielles, qui sont protéger, éduquer et soigner. Je veux économiser 45 milliards d’euros par an à la fin du mandat. Cette bonne gestion nous permettra de réinvestir dans des causes vraiment prioritaires. Dont la famille.