

À la veille de la COP26 de Glasgow, Valérie Pécresse en appelle à l’action, en rompant avec « les slogans creux ».
Alors que la COP26, la Conférence sur le climat, s’ouvre à Glasgow, un double constant s’impose : la situation mondiale s’aggrave et la réponse de la France reste insuffisante. Même si les émissions de notre pays ne représentent que 1 % des émissions mondiales, nous devons assumer notre part de responsabilité. Or, le gouvernement d’Emmanuel Macron n’a pas préparé le pays à la neutralité carbone en 2050, au point d’avoir été sanctionné par le Conseil d’État. Du jamais-vu !
Pour rompre avec les slogans creux, comme « Make our planet great again », nous devons agir ! Commençons par construire une loi d’orientation et de programmation détaillée pour organiser la diminution radicale des émissions de la France sur les trois décennies à venir ! Cela nécessite une vision à long terme pour notre pays, mais, sur ce sujet comme sur tant d’autres, le quinquennat Macron est un quinquennat pour presque rien. Le président-candidat a fermé la centrale nucléaire de Fessenheim et a programmé la fermeture anticipée de 12 réacteurs. Il tarde à relancer ce secteur industriel. Ces errements nous ont fait perdre un temps précieux.
À l’inverse, mon projet est clair. L’objectif premier est de remplacer, le plus rapidement possible, les énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre : charbon, pétrole et méthane. Pour ce faire, il faut encourager l’électrification massive des transports, de l’industrie et des logements. Il faudra donc produire davantage d’électricité et mettre en œuvre une vigoureuse politique d’économies d’énergie. Cela nécessite de lancer de nouveaux réacteurs EPR, comme je l’ai déjà dit il y a plusieurs mois, et de déployer les énergies renouvelables, sous réserve de leur acceptabilité locale, car il nous faut aussi préserver la qualité de nos paysages et de nos zones de pêche.
Augmenter et sécuriser notre production nationale d’électricité nous permettra également de reprendre la main sur les prix. L’augmentation du coût de l’énergie carbonée est un problème majeur pour le pouvoir d’achat des Français. Distribuer des chèques de 100 euros ne résoudra pas le problème structurel. Là encore, quelle courte vue !
Quels que soient les engagements de Glasgow, les conséquences du dérèglement climatique vont s’amplifier. Mon second objectif est donc de préparer notre pays à ces changements inéluctables et de protéger les Français face aux crises à venir. Un vaste plan d’adaptation, en métropole comme dans les outre-mer, doit tout à la fois aider les agriculteurs à faire évoluer leur activité, transformer les villes pour lutter contre les canicules et protéger nos aînés, sécuriser nos transports et nos réseaux, protéger la biodiversité, défendre nos côtes menacées par la montée des eaux…
Pour atteindre ces deux objectifs, il faudra mobiliser des moyens considérables. Là encore, la situation politique nous montre les écueils à éviter : d’un côté, « l’argent magique » qui n’est rien d’autre que l’endettement de nos enfants pour des décennies ; de l’autre, des impôts supplémentaires qui étoufferaient notre économie et nos entrepreneurs. Mon projet repose sur une troisième voie : la réorientation massive des investissements réalisés par le secteur privé. Il faut restaurer l’État dans son rôle de stratège et inciter fortement les entreprises à investir dans les secteurs clés de l’économie circulaire et bas carbone. Avec des moyens exceptionnels comme le livret Vert qui mobilisera les 450 milliards du livret A et du LDD pour les bâtisseurs et les chefs d’entreprise qui s’engageront dans la transition énergétique.
La solution, paradoxale en apparence mais tout à fait cohérente, consiste donc à réindustrialiser notre pays pour diminuer notre empreinte carbone globale. En effet, les émissions à l’intérieur de nos frontières diminuent (- 25 % entre 1995 et 2019), tandis que celles liées à nos importations augmentent bien davantage (+ 72 % sur la même période). Rapatrier la production dans notre pays permettra de diminuer notre empreinte carbone réelle et de créer des emplois. C’est mon troisième objectif.
Depuis dix ans, notre industrie et notre agriculture n’ont pas été prioritaires dans notre pays. Il faut au contraire développer ces secteurs névralgiques. Cela créera de la prospérité et de l’activité, protégera l’environnement et reconstruira notre souveraineté malmenée. Au contraire de certains idéologues qui réservent de fait l’écologie aux privilégiés, nous conjuguerons ainsi le combat contre la fin du monde et celui pour la fin du mois. Nous réunirons enfin les trois piliers du développement durable : l’économique, le social et l’écologique. Nous redonnerons une véritable fierté entrepreneuriale, industrielle et citoyenne à la France.