Valérie Pécresse : « Je suis prête à présider la France »

Valérie Pécresse
« J’ai le courage de dire, et surtout j’ai la volonté de faire. C’est cela, mon ADN »
29 novembre 2021
Valérie Pécresse
Présentation du projet de loi référendaire sur la sécurité intérieure et contre l’islamisme
29 novembre 2021
Valérie Pécresse

LE FIGARO. – Vous croyez-vous capable d’arriver en tête au premier tour?

Valérie PÉCRESSE. – Oui! Je sens une belle dynamique. Les Français m’ont découverte dans les débats et sur le terrain. Ils se sont rendu compte que je porte un projet de franche rupture, de droite assumée, pour restaurer l’autorité et faire les réformes urgentes dont notre pays a tant besoin. Je veux remettre de l’ordre dans nos rues, à nos frontières, à l’école et dans nos finances. Présidente d’une région minée par les inégalités, la montée de la violence et le séparatisme islamiste, je suis en prise directe avec les problèmes des Français et en première ligne face aux ennemis de la République. C’est pour cela que j’apporte des solutions fortes, créatives et réalistes.

Vous aviez quitté LR en juin 2019, jugeant impossible alors d’y refonder la droite de l’intérieur. Avez-vous changé d’avis?

Oui, parce que Les Républicains m’ont tendu la main en acceptant que je puisse être leur candidate à la présidentielle. Et cela change tout. J’ai accepté de me plier aux règles voulues par les militants. Je veux que notre parti soit le pilier de l’alternance. Et je sais que je peux le conduire à la victoire!

Pourquoi croyez-vous qu’il existe un chemin pour la droite?

La droite est de retour car notre primaire est une réussite. Nos débats donnent une bonne image et montrent une équipe pour gouverner. Cette campagne fait également émerger le leadership, l’énergie, l’audace et la capacité à rassembler. Face à une équipe d’amateurs, guidée par un président caméléon qui dit à chacun ce qu’il veut entendre et qui espère amadouer les Français à coups de chèques sans provision, je veux conduire une équipe de professionnels!

Mes solutions, frappées au coin du bon sens et chiffrées, sont ancrées dans mon expérience de terrain. Avec 2800 milliards de dettes et une France championne du monde des impôts, aucun candidat ne peut engager la moindre dépense supplémentaire sans dire où il fera des économies. Je ne suis pas dans l’esquive sur la débureaucratisation et la baisse des dépenses publiques: je dis où et comment je supprimerai 200.000 postes de fonctionnaires. Nous ne pouvons pas être le parti de la démagogie.

Quelles seraient les réelles marges de manœuvre d’une droite au pouvoir?

Nous ne sommes pas condamnés au grand déclassement, ni au grand remplacement. Je crois au génie français, à notre esprit d’entreprise et à notre intelligence collective. Si on réforme réellement, si on rétablit l’ordre, des choses magnifiques se feront dans notre pays. Cela exige un choc d’autorité, une baisse des impôts et des charges sur les entreprises et une revalorisation du travail pour créer un environnement favorable à l’innovation et à une nouvelle croissance sobre et écologique. C’est une perspective à dix ans que je trace mais on peut obtenir des résultats considérables en cinq ans.

Vous êtes la seule femme candidate. Est-ce plutôt une chance ou une fragilité?

À ceux qui se posent la question: «Une femme peut-elle être présidente de la République?», je réponds que j’ai l’autorité, l’expérience et la force. J’ai tenu neuf mois face à la rue pour réussir l’autonomie des universités. J’ai assumé la réforme la plus périlleuse de la présidence Sarkozy, que personne ne voulait faire à ma place! Il m’a ensuite confié les finances de la France en pleine crise des dettes souveraines et j’ai préservé l’épargne des Français. J’ai conquis une région de 12 millions d’habitants jugée imprenable par la droite. Je la transforme, je la rends plus sûre et plus belle à vivre, grâce à 2 milliards d’euros d’économies. Alors, oui, comme Angela Merkel ou Margaret Thatcher l’ont fait pour leur peuple, je serai une présidente qui défendra jour et nuit les intérêts de la France et des Français, en Europe et dans le monde. Je n’aurai pas une présidence bavarde comme François Hollande ou Emmanuel Macron, qui ont affaibli la France. Ils n’étaient pas prêts à gouverner. Ils ont parlé au lieu d’agir. Je suis une femme d’action et je suis prête. Certains proposent d’apaiser le pays. Moi, je pense qu’il faut puissamment réformer la France pour qu’elle reste elle-même. Au premier rang. Et je le ferai.

Comment lancerez-vous ces travaux?

Ce qu’on ne dit pas avant, on ne le fait pas après! Pour réussir, je vais me concentrer sur l’exercice du pouvoir. Toutes mes réformes devront être lancées dans les trois premiers mois: avec d’abord deux lois constitutionnelles, approuvées par référendum. La première pour stopper l’immigration incontrôlée grâce à des quotas migratoires, conditionnant l’octroi des visas aux pays d’origine au retour des clandestins sur leur sol, interdisant le versement de prestations sociales non contributives avant cinq ans de résidence régulière, et mettant fin au droit du sol automatique.

La seconde pour rétablir la sécurité et lutter contre le terrorisme. Elle comprendra un plan d’urgence pour la justice afin d’instaurer l’impunité zéro pour les voyous et des mesures pour armer la France face à la radicalisation islamiste (pénalisation de la consultation des sites djihadistes, mesures de sûreté pour les terroristes à leur sortie de prison, crime d’intelligence avec l’ennemi appliqué aux islamistes). J’organiserai une conférence sociale pour revaloriser de 10 % les salaires nets, réformer des retraites pour garantir le pouvoir d’achat des retraités et revaloriser les petites retraites et passer à 75 % les pensions de réversion des veuves, relancer une politique familiale universelle. J’engagerai un sursaut national pour l’école, et la formation et le recrutement de 25.000 soignants pour sauver notre système de santé.

Comment construiriez-vous votre gouvernement?

Mon premier ministre sera une personnalité courageuse et expérimentée. Il travaillera dans une logique de résultats! Les ministres «professionnels» devront s’imposer comme les vrais chefs de leur administration. Je changerai tous les directeurs d’administrations centrales pour obtenir des résultats très vite.

Quelle serait votre qualité principale à la présidence de la République?

Ce que je dis, je le fais. Je suis tenace et je trace mon sillon droit.

Si vous n’accédez pas au second tour, qui soutiendrez-vous?

Je n’envisage pas cette hypothèse!

Accepteriez-vous un poste de premier ministre?

Je suis prête à présider la France.

À quoi les électeurs LR devront-ils penser au moment de voter, mercredi?

À la France qu’ils souhaitent en 2030 et à la personnalité qu’ils voient à l’Élysée pour les y conduire. Notre rayonnement extérieur viendra de notre force intérieure. MM. Poutine, Xi, Biden ou le futur chancelier allemand Scholz ne respecteront qu’une France réparée, capable de ramener l’ordre dans ses rues et ses finances. Pas une France donneuse de leçons, minée par les déficits, la dette et la violence, comme celle d’Emmanuel Macron. Le 14 mai, si je suis élue, je prendrai la présidence de l’Union européenne. Je ne veux plus d’une Europe ventre mou de la mondialisation. Je veux une France forte dans une Europe forte.